Rencontre avec Socrate Georgiades, Fondateur & Rédacteur en Chef de La Gazette de Bali

Socrates Georgiades

Socrates Georgiades © www.lagazettedebali.info

 

D’origine grecque mais né à Paris, Socrate Georgiades entre très vite à la télévision, après des études de lettres classiques. Mais un grand rêve lui trotte dans la tête et ce n’est qu’à l’approche de la trentaine qu’il est en mesure de le réaliser: traverser l’Atlantique à la voile ! Engagé comme équipier dans un premier temps, il décide rapidement d’acheter sa propre goélette, et le voilà parti pour 3 années d’odyssée.

 

De retour à Paris avec son épouse qu’il a rencontrée au cours de son périple, il n’a en tête que de repartir pour prendre racine, plutôt dans une belle île des mers du sud et c’est sur Bali qu’ils jettent leur dévolu avec leur fille Gaia.

 

Parti avec l’idée de tourner définitivement la page des médias, il avait dans ses cartons un beau projet lié au tourisme équitable. Au bout de quelques mois, il revient vite à ses premières amours, c’est-à-dire la communication et plus particulièrement la presse, grâce notamment à un ami balinais qui lui avait demandé quelques conseils pour renflouer son magazine, à la dérive.

 

C’est ainsi que naît La Gazette de Bali en juin 2005, car aucun média francophone n’existe en Indonésie à l’époque. Seul, au début, pour rédiger le contenu de son magazine, il est vite rejoint par quelques rédacteurs francophones qui viennent spontanément proposer leurs services. Dix ans plus tard, l’équipe de rédaction est composée de plusieurs journalistes free-lance.

 

Socrate 03

L’équipe © www.lagazettedebali.info

 

La Gazette de Bali se finance uniquement par la publicité, c’est un mensuel gratuit, distribué un peu partout à travers l’Indonésie. Le journal a été une aubaine pour le tissu des entrepreneurs francophones locaux qui avaient un grand besoin de promotion, le journal leur a offert une vitrine hors pair, certains ont avoué avoir réalisé jusqu’à 80% de leur chiffre d’affaires grâce au journal. En 2005, l’équipe commerciale de « La Gazette » devait démarcher les entreprises pour leur proposer un encart publicitaire. Aujourd’hui, grâce à la renommée du journal, c’est plutôt l’inverse qui se produit !

 

Et La Gazette de Bali ne s’arrête pas là. Forte de sa notoriété grandissante, elle va dès 2016 se projeter sur le net, afin notamment d’augmenter sa présence sur les réseaux sociaux.

 

Socrate m’avoue en tout cas que la grande majorité des lecteurs de La Gazette de Bali sont des Français établis en Indonésie, des passionnés de la culture locale, ainsi que des voyageurs qui souhaitent préparer leur séjour à Bali ou dans l’archipel. La Gazette est ainsi distribuée dans tout le pays ainsi que dans certains pays francophones. Une version électronique est en tout cas disponible sur le site internet du journal, et on trouve même La Gazette de Bali à l’aéroport de Denpasar pour les touristes!

 

Mon interlocuteur m’explique également qu’il n’existe pas de censure en Indonésie (contrairement à Singapour), mais avoue qu’il pratique l’autocensure. Il préfère effectivement éviter certains sujets qui fâchent – tels les articles sur la religion, mais se permet quelques libertés toutes françaises. Un exemple récent a été de parler du tribunal populaire sur les massacres de 65-66, organisé aux Pays-Bas en novembre 2015.

 

Socrate Georgiades reconnaît par contre son trouble face aux actions du nouveau gouvernement. Après l’élection de Joko Widodo (issu d’un milieu modeste et non de l’élite, comme ses prédécesseurs) en août 2014, beaucoup avaient formulé de grands espoirs de plus grande démocratisation du pays, surtout en matière de droits de l’Homme. Après un an de pouvoir, d’aucuns ne comprennent les hésitations et indécisions de l’Administration Jokowi, qui font peur aux investisseurs, car « instabilité » politique et économique ne font pas bon ménage avec « affaires ».

 

Malgré tout, il faut avouer que la France et Bali ont noué de très forts liens. Une grande majorité des Français de métropole connaissent évidemment Bali, et Socrate aime à penser que sa Gazette n’y est pas pour rien dans cette « histoire d’amour ».

 

La preuve est que Bali donne aujourd’hui l’impression d’être un nouveau territoire français d’outre-mer: on entend parler français partout (les Français constituent la troisième communauté étrangère à Bali, après les Japonais et les Australiens), on y trouve un consulat, un lycée, une chambre de commerce, une alliance française… Bref, il ne manquerait plus qu’on puisse y voter pour les élections régionales!

 

Pour terminer, Socrate Georgiades se laisse aller à quelques confessions personnelles. Il est évidemment toujours aussi amoureux de l’Indonésie et notamment de Bali, où il vit, et il prend régulièrement le temps de partir à l’assaut des volcans alentours. Véritable passionné de trek et de randonnée, il aime affronter le « danger » que représentent telles aventures. Et, gravir les volcans indonésiens, c’est aussi l’opportunité, pour lui, d’explorer d’autres îles et cultures que Bali.

 

Socrate aimerait m’en dire plus sur sa passion et son amour de l’Indonésie, mais le temps imparti – comme on dit généralement – est sur le point d’expirer. Il me propose alors de poursuivre la conversation lors d’un prochain séjour à Bali… autour d’une excellente tasse de café balinais!

 

N’hésitez de toute façon pas à consulter régulièrement la Gazette de Bali, non seulement pour en savoir plus sur son fondateur, mais également pour découvrir l’île des Dieux sous un angle passionné!




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