A-t-on Découvert la Plus Vieille Pyramide du Monde en Indonésie?

Indonesia - West Java - Gunung Padang 02 - Photo by Dominic C for Azimuth Adventure Travel Ltd

Gunung Padang – © Dominic C

 

Je passe quelques jours à Bandung. Les routes de la capitale de Java-Ouest sont aussi embouteillées que sa voisine Jakarta. Il me faut plus d’une heure pour me rendre à l’hôtel depuis l’aéroport. J’en profite donc pour relire l’emploi du temps que je m’apprête à suivre. Je prévois notamment de visiter le site mégalithique de Gunung Padang, dont on parle tant, ici. J’ai à peine le temps de déposer mes affaires à l’hôtel que mon chauffeur m’emmène déjà à l’Institut Indonésien des Sciences (LIPI), afin d’y rencontrer Danny Hilman, « l’inventeur » de cette pyramide.   J’avais effectivement contacté ce géologue et professeur d’université quelques jours auparavant, afin qu’il m’en apprenne plus sur sa « découverte » si controversée.   Accompagnée de mes collègues, je pénètre dans le minuscule bureau de mon hôte, impatiente d’en savoir plus sur Gunung Padang (« padang » est un terme soudanais qui signifie « lumière », et « gunung » signifie « montagne » en indonésien). J’aimerais surtout mieux comprendre la controverse à propos de ce site archéologique, et donc connaître son point de vue.   Danny Hilman est passionné de géologie depuis sa plus tendre enfance, et c’est à la prestigieuse université CalTech, aux États-Unis, qu’il passe sa thèse de doctorat. De retour en Indonésie, il souhaite partager ses connaissances afin de mieux comprendre les phénomènes de tremblement de terre si nombreux dans l’archipel de la Sonde. Et c’est au cours de recherches géologiques sur le site de Gunung Padang qu’il soupçonne que la montagne dissimule bien plus que des vieilles pierres. Découvert en 1914 par les colons hollandais, le site mégalithique de Gunung Padang (situé dans la région de Cianjur, Java-Ouest) est considéré comme le plus grand d’Asie du sud-est. Sa zone de construction est d’environ 900 m2, pour une superficie totale de 3 ha.   On estime que les mégalithes qui gisent sur le site datent de 4.000 à 9.000 ans avant Jésus-Christ, antérieures donc aux pierres de Borobudur (Java Central) et même du Machu Picchu (Pérou).

 

Indonesia - West Java - Gunung Padang 03 - Photo by Dominic C for Azimuth Adventure Travel Ltd

Gunung Padang – © Dominic C

 

Jusqu’à présent, peu d’indices nous révèlent qui a disposé ses mégalithes et la raison de leur assemblement. La zone en question se situe en effet au sommet d’une colline, où l’on dénombre cinq terrasses d’alignement. Les autochtones s’y rendent principalement pour méditer, car ils croient qu’elle est sacrée.   Vue du ciel, « la montagne de lumière » ressemble assurément à une pyramide recouverte de verdure, mais la question en suspens reste de savoir si cette forme est naturelle ou elle a été conçue par l’homme. De nombreux scientifiques, dont Danny Hilman, cherchent donc à répondre précisément à cette question.   C’est la raison pour laquelle notre hôte a décidé de tenter d’en savoir plus, lors d’une campagne de fouilles, en 2011, au cours de laquelle son équipe et lui-même ont découvert que, sous terre, quatre voire cinq couches de pierres se superposaient. Ils en ont donc déduit que le site n’a pas été façonné naturellement, mais bel et bien par la main de l’homme. Les analyses montrent que Gunung Padang date d’environ 9.000 ans, voire de 20.000 ans pour les couches les plus profondes, ce qui correspond à l’ère glaciaire. Or, la grande majorité des archéologues estime que les ancêtres de l’homme, à cette période, n’étaient que des chasseurs-cueilleurs, donc incapables de construire un tel « monument »: la civilisation, à proprement parler, n’existait pas encore.   Danny Hilman possède en tout cas l’intime conviction qu’il existe une salle secrète sous la pyramide, mais certains de ses confrères indonésiens s’opposent à ce qu’il poursuive ses recherches, car cette « chambre », pensent-ils, ne peut être que le résultat d’une déformation naturelle (écoulement de lave ou d’eau souterraines). Peut-être ont-ils simplement peur que la théorie de Danny Hilman, si vérifiée, chamboule toute l’histoire de l’humanité. Et il s’avérerait alors que Gunung Padang soit réellement la plus ancienne pyramide au monde, loin devant celles d’Égypte!   Cette controverse scientifique semble absurde pour Dany Hilman, car ses adversaires n’apportent aucun élément venant contrecarrer sa propre théorie, et aucune autre équipe indépendante n’est venue sur place pour poursuivre les recherches.   Pour terminer, mon interlocuteur m’offre un ouvrage qu’il a rédigé à propos de l’Atlandide. Il pense que cette civilisation mythique aurait pu être située quelque part dans le détroit de la Sonde et que la pyramide de Gunung Padang aurait probablement un lien avec elle.   Bref, il n’en faut pas plus pour motiver mes collègues et moi-même à se rendre sur place dès le lendemain. Après environ deux heures de route, nous arrivons au pied de la supposée pyramide et remarquons la présence d’un assez grand nombre de touristes locaux.   Atteindre le sommet nécessite de gravir un peu plus d’une centaine de marches, au bout desquelles nous sommes accueillis par une multitude de vieilles pierres éparpillées sans ordre apparent. Difficile donc d’imaginer à quoi pouvait ressembler l’endroit, il y a des milliers d’années!

 

Indonesia - West Java - Gunung Padang 01 - Photo by Dominic C for Azimuth Adventure Travel Ltd

Gunung Padang – © Dominic C

 

Pour les gardiens du site, habillés en tenue soudanaise traditionnelle, l’énigme est encore plus grande et m’expliquent simplement que l’endroit est sacré et mythique. Beaucoup viennent à Gunung Padang pour méditer uniquement, faisant même fi des esprits qui rodent alentours, paraît-il. L’un des responsables du site croit toutefois aux théories de Danny Hilman, et, tout en me décrivant les photos qu’il fait défiler sur son téléphone portable, m’assure que le site a bien été construit par l’homme, il y a des milliers d’années.   Du sommet de cette colline, et pour être honnête, nous n’avons pas trop la sensation de marcher sur la « pointe » d’une pyramide, mais nous sommes tout de même surpris d’avoir la sensation d’une certaine énergie, qui se dégage et que nous saurions décrire précisément.   Et vous, croyez-vous à la théorie de Danny Hilman? N’hésitez pas à partager vos sentiments!

L’Apéro Indonésien, un évènement exceptionnel à Paris à ne pas louper!

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Ce jeudi 7 juillet, les quais de l’hôtel de ville se transforment et vous transportent jusqu’en Indonésie! Toute l’équipe de Wondeful Indonesia se fait partenaire d’une soirée exceptionnelle aux couleurs balinaises!

 

L’Indonésie s’invite une fois de plus sur la Seine Parisienne! Plus qu’à une soirée, c’est à un véritable voyage auquel vous êtes conviés : Massages, danses, musique Balinaise vous seront offerts et toute l’équipe de l’office de tourisme sera présente pour vous éclairer sur tout ce que vous avez besoin de savoir sur l’archipel! Et, le soir même, un cadeau exceptionnel à gagner: Un voyage aller-retour pour Bali à gagner incluant billets d’avions et hébergement!

 

S’il y a bien un événement qu’il ne faut pas louper, c’est bien «l‘apéro Indonésien », alors n’hésitez pas trop longtemps, il ne reste plus que 15 places à pourvoir!

 

 

 

 

Yogyakarta & ses Environs: Extraordinaire immersion dans Java la Douce

borobudur

 

Il y a encore peu de temps, beaucoup pensaient que Bali était une île paradisiaque isolée, au beau milieu de l’océan Indien ou du Pacifique. Les terribles attentats qui y ont eu lieu en 2002 et 2005 permirent toutefois de la localiser définitivement parmi le chapelet d’îles que compose l’Indonésie. Et, depuis une dizaine d’années, de nombreux voyageurs tentent d’éviter l’île des Dieux pour visiter celle, voisine et grande sœur, de Java. Java la douce, comme on aime la surnommer. Java, mystique et secrète également, ajouterais-je, tant le berceau culturel de cet immense archipel possède de joyaux qui restent à polir. Je vous invite alors chez moi, à Yogyakarta, où vous allez rapidement réaliser qu’on n’y s’ennuie pas et que ses environs n’ont rien à envier à cette fameuse destination touristique qu’est Bali!

 

J/1 > Yogyakarta

Il existe plusieurs possibilités pour atterrir à Yogyakarta: soit via Jakarta ou Bali, soit également via Kuala Lumpur (Malaisie) ou Singapour, qui offrent des vols directs vers la capitale culturelle de Java. Le (relativement) petit aéroport de Yogyakarta vous accueille alors d’un Sugeng Rawuh (bienvenue) tout javanais qui vous met immédiatement dans l’ambiance.

 

tuktuk

 

J/2 > Yogyakarta

Le meilleur moyen de se débarrasser du décalage horaire est de se mettre immédiatement à l’heure locale, et donc de débuter votre séjour par une visite matinale du palais du Sultan (celui-ci n’est en effet pas ouvert au public l’après-midi), afin de vous immerger directement dans la culture et l’histoire locales. La visite se poursuit en général par le Taman Sari, le « jardin des plaisirs » des tous premiers monarques, et, après un excellent repas traditionnel au Bale Raos (par exemple), je suggère que vous attrapiez un becak (pousse-pousse local) pour déambuler le long de la fameuse avenue Malioboro (les « Champs-Elysées » de Yogyakarta, dit-on). Et, si vous n’êtes pas trop accablé(e) par la chaleur, un petit arrêt au grand marché Bringharjo est alors un « must »: vous y découvrirez toutes les épices possibles et imaginables, dont les fragrances vous feront réaliser que vous êtes définitivement aux antipodes! En fin d’après-midi, un excellent massage javanais vous relaxera complétement.

 

castlewater

 

J/3 > 1.000 temples

La journée d’aujourd’hui sera principalement culturelle, afin de découvrir plus avant la plaine de Prambanan et une grande partie des temples hindo-bouddhiste qui s’y éparpillent. Selon la légende de « Lara Jonggrang » (la fille du roi Boko), il semblerait en effet qu’un millier de temples soient répartis à travers cet espace bordé au nord par le volcan Merapi et au sud par les collines de Gunung Kidul. Le plus grand d’entre eux, et le principal, est évidemment le plus connu et le plus visité, car dédié à l’épouse de Shiva, Durga Mahisasuramardini. Mais, aux alentours, vous serez surpris d’en découvrir d’autres, tous aussi mystérieux les uns que les autres, et qui vous feront rêver à un riche passé culturel.

 

pranbanan

 

J/4 > Volcan Merapi & Solo (Surakarta)

Après l’étude des vieilles pierres, il sera intéressant, aujourd’hui de se dégourdir les jambes et d’explorer les flancs du volcan Merapi. Les plus sportifs d’entre vous se seront levés tôt pour rejoindre les villages de Babadan (flancs ouest) ou de Selo (flancs nord) por gravir l’une des montagnes de feu les plus actives de l’archipel. Quant aux autres, je suggère de se diriger vers les abords du village de Kina Rejo (sur les flancs sud-sud-est), détruit lors de l’éruption de 2010, et où vivait le fameux Mbah Marijan, le « gardien des clés » du volcan, c’est-à-dire le représentant du Sultan auprès du Dieu Brama, qui vit dans la « gueule » du cratère. La végétation a maintenant repoussé, mais vous aurez la possibilité de vous rendre compte, par endroit, de la puissance des coulées de lave et des nuées ardentes qui tuèrent près de 300.000 personnes. Dans l’après-midi, prenez la route de Solo (le surnom de Surakarta), la ville quasiment jumelle de Yogyakarta.

 

merapi

 

J/5 > Temples sur la montagne

Avant de découvrir Solo, je suggère que vous vous dirigiez vers les flancs du volcan Lawu (à 1h30 de route vers l’est), afin d’explorer deux anciens temples hindous, accrochés sur ses flancs: Ceto & Sukuh. Rares vestiges du style architectural de l’ancien royaume de Majapahit, ces pyramides, que d’aucun comparent à celles d’Amérique du Sud, étaient des lieux où le culte des ancêtres était vénéré et où des rites de fertilité étaient pratiqués. Situés entre 900 et 1.500m d’altitude, Ceto & Sukuh offrent un superbe panorama sur la plaine de Solo, et, depuis Sukuh, il est possible de rejoindre à pied, à travers plantations & villages, la station touristique de Tawangmanggu (compter 2h30 de marche, en descente).

 

temple montagnes

 

J/6 > Fossiles & volcans de boue

Si vous séjournez à Solo, il ne faut pas manquer de découvrir le site archéologique de Sangiran, où « L’homme de Java » (Pithecanthropus Erectus, classifié à présent en tant qu’Homo Erectus) fut découvert en 1934. Un musée y a même été édifié afin de raconter l’histoire anthropologique du site. Plus loin, en poursuivant votre route vers Purwodadi, allez jeter un œil aux volcans de boue, impressionnants, dits de Bledug Kuwu. Si vous souhaitez vous approcher des cratères qui propulsent boue et autres « excréments » des entrailles de la Terre, il est toutefois conseillé de vous adjoindre les services d’un guide local (je vous conseille le vieux marchand de cartes postales, qui semble passionné par ces phénomènes).

 

fossiles volcans

 

J/7 > Solo: batik & traditions royales

Dernier jour à Solo, où vous vous apercevrez que la ville n’a pas grand chose à envier à sœur de Yogyakarta. La visite de l’un (ou des deux) palais royaux s’impose, car ils sont de véritables musées de l’art javanais. Surakarta est également réputée pour la qualité de ses textiles en batik, et de nombreuses boutiques sauront capter votre attention. J’ai par contre personnellement un petit faible pour le marché aux antiquités (de Triwindu), où, si vous êtes patient(e), vous tomberez peut-être sur des pièces de collection uniques, telles de vieux Keris aux lames ondulées et forgées dans du fer météoritique!

 

batik

 

J/8 > La côte sud: falaises et plages sauvages

En début de matinée, prenez la direction de Wonosari, puis poursuivez votre route vers la côte sud, sauvage à souhait (surtout les jours de semaine, où il n’y a quasiment personne). Dirigez-vous ensuite vers la plage de Baron, et longez éventuellement la côte, afin de trouver votre petit coin de plage tranquille. En milieu d’après-midi, reprenez la route vers la fameuse plage de Parangtritis (à l’ouest des falaises de Gunung Kidul), où il est par exemple intéressant d’assister à un superbe coucher de soleil depuis les terrasses de l’hôtel Queen Of The South (qui gît au sommet d’une falaise). Vous avez d’ailleurs la possibilité d’y passer la nuit, ou de revenir directement sur Yogyakarta (comptez une heure de route), au choix.

 

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J/9 > Borobudur > Temple de Selogriyo > Wonosobo

Si vous êtes lève-tôt, il ne vous faudra qu’environ 50 mb pour rejoindre les abords du sanctuaire de Borobudur, sur la route de Magelang. Ce site bouddhiste, l’un des plus vastes au monde, est évidemment décrit dans tous les guides touristiques, et nul ne peut donc y échapper. Evitez tout de même les heures chaudes et accablantes de la journée, et surtout, prenez le temps de le découvrir également de l’extérieur, c’est-à-dire en vous baladant alentours, où des surprises attendent les plus « aventuriers »: villages traditionnels, terrasses d’hôtels qui offrent des points de vues uniques sur le sanctuaire, une fabrique de fromages, et un peintre génial, Sony Santosa, qui reproduit les bas-reliefs de Borobudur à la perfection. A l’heure du déjeuner, je suggère en outre que vous vous dirigiez vers les flancs du Mt Sumbing et de vous arrêter à la Villa Sumbing Indah pour casser excellemment la croûte (grâce notamment à la bonne « pâte » du chef Christophe, un Français!). Et puis, avant de rejoindre Wonosobo et le plateau de Dieng, prenez la peine d’une petite balade digestive pour découvrir le temple de Selogriyo, perché et isolé sur les flancs du volcan. Il vaut également le détour.

 

celogrio

 

J/10 > Plateau de Dieng > Temples de Gedong Songo > Ambarawa

Wonosobo, un gros bourg d’altitude entouré de superbes plantations de thé, n’est distant du plateau de Dieng que d’une petite heure, mais je suggère que vous fassiez un léger détour vers le lac Menjer, superbe et calme étendue d’eau que vous avez la possibilité de parcourir en barque. Une fois au plateau de Dieng, ne vous attardez peut-être pas autour des 8 temples hindouistes, dont les proches alentours ont été « bétonnés », mais plutôt sur les cratères actifs, voire le lac Telaga Warna, qui offrent de jolies balades. Le plateau de Dieng est en réalité la caldeira du Mt Bismo qui culmine à près de 2.500 m d’altitude. Dans l’après-midi, prenez la direction d’Ambarawa, et, si les vieilles pierres ne vous ont pas encore écoeuré(e), faites un saut jusque aux vieux temples de Gedung Songo, qui gisent, eux, sur les flancs du volcan Ungaran et similaires à ceux de Dieng. Mieux conservés, ils valent également la peine d’être approchés, car la vue sur toute la pleine d’Ambarawa et du lac Rawapening est tout simplement sublime.

 

plateau dieng

 

J/11 > Musée du Train > Lac Rawapening > Semarang

Je vous invite à visiter le musée du train d’Ambarawa, ce matin, où vous serez surpris(e) de pourvoir admirer de nombreuses et anciennes locomotives de l’époque coloniale. Situés en altitude, Ambarawa et ses environs étaient en effet très prisés des Hollandais, et donc relativement bien développés économiquement. Prenez ensuite le temps d’explorer les abords du lac marécageux de Rawapening, sur lequel vous pouvez canoter  également et découvrir l’activité des riverains qui y vivent non seulement de la pêche, mais également de la… boue! En début d’après-midi, cap sur Semarang (1h de route environ), la capitale provinciale, et profitez-en pour visiter la vieille ville, et notamment son ancienne église. Vous serez en effet surpris de constater que le vieux-Semarang est relativement bien conservé, même si de nombreux bâtiments sont en ruine.

 

lac

 

J/12-14 > Karimunjawa

A Karimunjawa, vous allez vous retrouver dans un véritable Paradis. Oubliez Bali! Karimunjawa est peut-être en train de devenir le nouvel Eldorado des voyageurs. Si vous êtes un poil aventurier, vous aurez même la possibilité de jouer les Robinson Crusoë sur l’une des 27 îles que comporte l’archipel. Pour les plus aisés d’entrevous, séjourner au Kura Kura Resort ou au Breve Azurine Lagoon Retreat rendra assurément votre séjour unique, mais sachez qu’il existe également d’autres hôtels & auberges plus abordables. Bref, pendant ces 3 jours de repos complet, profitez-en tout de même pour vous initier à la plongée, car les fonds sous-marins sont extraordinaires, et les eaux si cristallines. L’île principale de Karimunjawa offre également, dans sa partie septentrionale, quelques intéressantes randonnées. Mais « buller » reste tout de même le maître-mot dans cette région du monde qui semble si loin de tout!

 

kalimunjawa

 

J/15 > Semarang

Les 2 semaines ont apparemment passé vite et il est malheureusement grand temps de revenir à la réalité. Depuis l’aéroport de Semarang, vous aurez effectivement la possibilité de rejoindre facilement Jakarta ou Bali, mais vous allez vite vous rendre compte que le charme de Java vous aura complétement rendu(e) « marteau ». Après cette expérience en dehors des véritables sentiers battus, vous n’aurez plus du tout la même vision de l’Indonésie, je vous l’assure!

 

enfantjavanais

Il y a 50 ans, « le plus grand massacre de masse de l’histoire » (5ème et dernière partie)

PKI (Parti Communiste d'Indonésie) Photos

PKI (Parti Communiste d’Indonésie) Photos

 

Il est, encore aujourd’hui, difficile de trouver une description précise du déroulement de la tuerie. Très peu de témoignages ont été diffusés par la presse nationale ou internationale quant au mode opératoire des bourreaux. Ceux qui ont survécu n’ont pas pu témoigner durant les deux décennies qui ont suivi l’horreur par crainte des représailles contre eux et leur famille. C’est essentiellement la génération des descendants de victimes qui, à partir de 1982, tente de briser le silence.

 

Les témoignages sont devenus plus explicites après la chute de Suharto, en 1998. Les descendants des victimes ou des prisonniers politiques ont saisi la Commission indonésienne des droits de l’Homme (Komnas-HAM), auteur d’un rapport qui qualifie ce massacre de « crime contre l’humanité » en 2012. Toutes ces initiatives permettent de recoller aujourd’hui partiellement le film des événements.

 

Lors du tournage de son documentaire, The act of killing (« le droit de tuer »), le cinéaste américain Joshua Oppenheimer a eu beaucoup de difficultés pour obtenir le témoignage des victimes ou des témoins oculaires du massacre. À l’inverse, les anciens bourreaux ont décrit très librement les tortures et les exécutions.

 

On peut désormais admettre comme contestables les faits suivants : le massacre était méthodiquement planifié par l’armée et la CIA. L’armée déposait des soldats disposant de listes de communistes, souvent des milices auxiliaires qui procédaient dans les villes et les villages aux arrestations. Les personnes étaient enfermées dans des bureaux ou des pièces aménagées pour des interrogatoires. Il fallait obtenir des aveux par tous les moyens, dont la torture et les menaces contre les conjoints et les enfants. Les tortionnaires utilisaient toute la gamme des tortures : eau, coups, brûlures et décharges électriques.

 

Si le prisonnier reconnaissait son appartenance au PKI ou à une organisation amie, il devait donner des noms de militants communistes et des sympathisants, et le moyen de les arrêter. Au bout de la torture, aveux ou non, c’était pour la plupart du temps des exécutions. Le mode d’exécution variait selon les régions.

 

Un milicien s’est vanté devant la caméra d’Oppenheimer d’avoir mis au point une technique d’exécution qui avait fait des émules sur Java. Passionné des films de gangsters des années 1950, il avait adapté le mode d’exécution utilisé par la pègre de Chicago. Il plaçait un fil de fer fixé à une tige de bambou autour du coup de sa victime, tirait sur le fil pour l’étrangler. Cette méthode « évitait que le sang gicle » sur le sol ou sur les bourreaux. Les cadavres étaient jetés dans les fleuves. De nombreux témoignages concordent : la rivière Solo était « rouge du sang des communistes ».

 

Les bourreaux recevaient une prime par cadavre, qui variait selon les régions. Ils pouvaient en toute liberté racketter les familles des victimes, et aussi, au passage, des commerçants chinois, dont un grand nombre ont subi le même sort.

 

Beaucoup se sont taillés des fortunes colossales et l’avouent sans gêne devant les caméras du cinéaste, convaincus qu’ils bénéficient toujours d’une impunité totale. Si un prisonnier dénonçait ses camarades assez rapidement, on l’épargnait en l’envoyant dans un camp aménagé dans l’île de Buru, où il devait purger une peine de 10 ans sans procès.

 

On peut aujourd’hui admettre que près d’un million d’autres ont connu les camps de Buru.

 

Pour beaucoup, ce camp n’est que l’antichambre de la mort. Sur le million de prisonniers entassés les camps de Buru, sans soins, à peine nourris, sans contacts avec leurs proches, combien en sont sortis vivants ? Personne n’a pu l’établir à ce jour.

 

Les survivants et leur familles sont considérés officiellement comme des citoyens sans droits, affublés, jusqu’en 2002, sur leur carte d’identité de la mention « ex-prisonnier politique » (« Tapol ») qui les maintient dans un statut de paria.

 

Ce sont aujourd’hui des millions de descendants de « Tapols » qui exigent de disposer des droits de tous les citoyens indonésiens (droit au logement, à l’enseignement public, aux aides sociales).

 

Malgré les déclarations d’intention des présidents qui se sont succédé depuis la chute de Suharto en 1998, la législation anticommuniste est encore en vigueur en Indonésie.

 

La « démocratie » des partisans du régime actuel, dite de la Reformasi, n’est qu’une « démocratie octroyée ». Le retour aux élections libres des débuts de l’époque de Soekarno est une revendication qui rencontre, 50 ans après, l’hostilité des militaires et de ceux qui se sont enrichis durant et après le massacre. Les jeunes qui ont fait tomber Suharto en 1998 sont aujourd’hui les forces vives du peuple indonésien, demandent que la vérité soit dite les massacres du dictateur, instrument de la politique étrangère des États-Unis.

 

Le 50e anniversaire du massacre est pour les jeunes d’aujourd’hui l’occasion de se réapproprier l’histoire de leur pays. Le président Jokowi, élu en 2014, avait évoqué la possibilité de demander pardon officiellement aux descendants des communistes massacrés, voire d’envisager une forme d’indemnisation. Beaucoup espèrent ce geste, mais il y a loin de la coupe aux lèvres.

 

À Jakarta, le 30 septembre 2015, la police a pénétré dans les universités pour saisir une revue qui évoque le massacre de 1965. C’est dans la jeunesse que le désir de savoir est le plus fort. Le film d’Oppenheimer diffusé à l’occasion de la commémoration du massacre, The look of silence, n’a pas été interdit, des millions d’Indonésiens sont en train de mettre fin à l’omerta.

 

Alain Riquier