Le Clin d’Oeil Indonésien du 15/01/16: Prison

En Indonésie, les corrupteurs corrompent, même en prison!

En Indonésie, les corrupteurs corrompent, même en prison!

Réserver un Billet de Train à Java

Photo © www.kereta-api.co.id/

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Je voyage régulièrement en train à Java, notamment lorsque je me déplace vers la capitale, Jakarta. C’est à mon sens plus économique et plus agréable que l’avion.

 

Java est en réalité une destination parfaite pour explorer une Indonésie plus authentique. Et, depuis l’intérieur d’un train, on a le temps d’observer les rizières qui s’étendent à perte de vue, ainsi que de nombreux villages traditionnels. C’est aussi l’occasion pour des rencontres avec les nombreux Indonésiens qui privilégient également ce moyen de transport. Ils composent probablement le cœur de cette nation qui regorge d’atouts et resplendit d’une beauté unique qui ne laisse jamais indifférent.

 

Ma « route » préférée est celle qui relie Yogyakarta à Bandung, car elle offre des paysages magnifiques. Un mauvais souvenir (qui remonte à une dizaine d’années) m’a par contre beaucoup marquée. De Jakarta, je souhaitais me rendre en famille à Yogyakarta en train. À cette époque, il semble que la compagnie ferroviaire (K.A.I, pour Kereta Api Indonesia) pratiquait encore ce qu’on appelle le « sur-booking », c’est-à-dire qu’elle vendait plus de billets qu’il n’y avait de places disponibles. Bref, les couloirs des voitures économiques se retrouvaient bondés, et il était très compliqué de se déplacer à l’intérieur des trains. Sans compter l’absence de ventilateurs, la difficulté d’ouvrir les fenêtres, et l’état déplorable des toilettes. Vous imaginez donc l’enfer!

 

Le passé étant ce qu’il est, je peux à présent vous assurer que les trains indonésiens sont maintenant mieux organisés (concurrence avec l’avion oblige, probablement), ce qui le rend plus agréable. C’est alors le moment, à mon avis, de vous expliquer les meilleures manières de réserver un billet de train (la réservation peut parfois s’avérer compliquée si on est mal renseigné).

 

Il faut d’abord noter – et c’est très important – que toute réservation ne peut s’effectuer qu’à partir de 3 mois avant la date de départ souhaitée. Et cette réservation n’est plus possible sur Internet à moins de 48 heures du départ (il faudra donc acheter le billet en station).

 

Si vous envisagez de voyager en train pendant les « pics » de saison (Nouvel An chinois, fin de Ramadan, fêtes de fin d’année, etc.), je vous conseille d’anticiper la réservation de votre billet, car les places se vendent presque comme des petits pains à ces périodes. Au pire, déplacez-vous à la gare, en espérant tomber sur quelques désistements ou annulations de réservations.

 

Ces réservations sont de toute façon nominatives et toutes les places sont assises. Les gares sont en général situées en centre-ville et les guichets proposent jusqu’à trois classes de confort.

 

La classe « Ekonomi », la meilleure marché, est équipée de banquettes en cuir « dur », pas très confortables et qui ne permettent pas un excellent sommeil. Il est toutefois possible de louer des coussins, le mieux étant d’apporter le vôtre. Souvent bondés, les trains de classes économiques sont pratiquement des omnibus et les temps de trajets n’en sont que plus allongés.

 

Les trains de classes « Bisnis » sont quant à eux plus rapides, car ils ne s’arrêtent pas à toutes les stations. Les voitures proposent également des sièges plus confortables.

 

Les trains « Eksekutif », encore plus rapides et plus chers, offrent enfin aux voyageurs un confort plus agréable: sièges avec accoudoirs, repose-pieds, dossiers inclinables et poste de télévision dans chaque wagon. Au besoin, oreillers et couvertures sont disponibles gratuitement. Pensez toutefois à emmener une petite laine, car la climatisation est parfois extrême en « Eksekutif »! Notez également que les voitures sont souvent équipées de prises électriques.

 

Photo – © www.kereta-api.co.id

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Je vous conseille, quoi qu’il arrive, d’amener votre repas, car les collations proposées dans le train sont en général assez chères.

 

Réservation/achat de billet(s) directement en gare

 

Photo – © www.kereta-api.co.id

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Remplissez un formulaire de réservation à la gare la plus proche, en indiquant les références du train, des gares de départ et d’arrivées, ainsi que la classe désirée. Tout formulaire de réservation n’est valable que pour un maximum de 4 personnes

 

Réservation/achat de billet(s) sur internet

 

Si vous avez une sainte horreur des interminables files d’attente, préférez alors la réservation en ligne sur www.kereta-api.co.id. Il faut toutefois posséder un compte en banque indonésien.

 

Si vous ne possédez pas de compte en banque local, il vous reste possible d’effectuer une réservation en ligne, puis de se déplacer ensuite à la gare (ou chez un agent), afin de confirmer votre réservation et de la régler.

 

Le site de l’unique compagnie ferroviaire indonésienne vous permet en tout cas de vous informer sur les horaires de trains, les tarifs selon les classes, les places disponibles, etc.

 

Le site privé www.tiket.com propose de toute façon une interface en Anglais et un règlement par carte de crédit étrangère. Grâce à ce site, il vous est donc possible de préparer votre voyage en train en toute tranquillité, si tant est que vous maîtrisiez la langue de Shakespeare!

 

Dès que votre billet est réservé et payé en ligne, vous recevez un email de confirmation que vous n’aurez qu’à présenter au guichet de la gare, au maximum une heure avant le départ. Il faudra en outre vous munir d’une pièce d’identité.

 

Agences partenaires

 

Une alternative à Internet est de vous rendre dans une agence de ticketing, voire dans des mini supermarchés de quartier, tels Indomaret ou Alphamart, où vous serez en mesure, muni(e) d’une pièce d’identité, d’effectuer une réservation de billet de train à la caisse. Dans certains « Indomaret », il existe même des guichets automatiques avec interfaces en anglais. Il suffit alors de récupérer le ticket de réservation et de payer en caisse. Et, comme pour la réservation par internet, il s’agira ensuite de présenter votre ticket à la gare pour obtenir votre billet.

 

Dans une agence de ticketing ou une agence de voyages, tout est encore plus simple, mais il est probable que vous paierez votre billet un peu plus cher, en raison notamment de la commission perçue par l’agence pour toute vente de billets.

 

Une fois sur place, n’hésitez de toute façon pas à vous faire aider par les autochtones, toujours prêts à aider, et avec le sourire!

 

Le jour du départ, n’oubliez finalement pas de vous munir d’une pièce d’identité et de récupérer votre billet de train définitif au guichet de la gare, car vous serez contrôlé(e) et sur le quai et à l’intérieur du train.

 

Faites comme moi: lancez-vous dans cette merveilleuse aventure qu’est le voyage en train à travers Java! N’hésitez pas à me faire part de vos remarques ou suggestions. Bon voyage!

Les 10 Meilleurs Treks d’Indonésie

Active Semeru volcanoe with some ash smoke frome it at twilight

Volcan Semeru – Photo © iStockphoto.com

 

L’archipel indonésien compte plus de 17.000 îles. Le pays est l’une des destinations favorites des passionnés de trek et l’ascension de volcans est très prisée par les aventuriers. Mais le territoire indonésien, aussi vaste que l’Europe, offre également la possibilité de découvrir d’autres spots préservés, permettant une immersion, aux cotés des populations locales, dans une nature somptueuse. Je vous propose donc mon top 10 des meilleurs treks en Indonésie, ci-dessous.

 

 

10) Les Hauteurs de Bali

 

Loin du tourisme de masse que l’on ressent notamment dans le sud de l’île, les hauteurs de Bali permettent par exemple une extraordinaire traversée à pied du coeur culturel et historique de l’île des Dieux. Là, villages traditionnels, temples, rizières et forêts sont encore préservés et la nature y est toujours sauvage. Au milieu gisent deux volcans actif, le Mt Batur (1.717 m) et le Mt Agung (3.142 m), qui se gravissent également.

 

10 - Bali - Ascension Batur

Sommet du Volcan Batur – Photo © iStockphoto.com

9) Le Volcan Tambora

 

L’éruption du volcan Tambora (2.850 m – Sumbawa), en 1815, reste considérée comme l’une des plus violentes et meurtrières de l’histoire. C’est d’ailleurs les nuages de cendre de celle-ci qui a notamment provoqué « l’été sans soleil » de 1816, en Europe. Le volcan s’est assoupi depuis et il est logique qu’il reste encore et maintenant peu fréquenté, notamment en raison de la difficulté d’accès. Son ascension nécessite au moins 2 jours à travers une jungle épaisse et dense, et seuls les connaisseurs s’y aventurent. Au sommet, les dimensions de la caldeira, qui s’est créée après cette fameuse éruption, impressionne toutefois, et les plus courageux décident parfois de descendre dans le cratère.

 

09 - Indonesia - Sumbawa - Mt Tambora 01 - Photo by Hadi Prasetyo for Azimuth Adventure Travel Ltd - All Rights Reserved

Sommet de la Caldeira du Volcan Tambora – Photo © Hadi Prasetyo

8) Le Volcan Kerinci

 

Au beau milieu de la jungle de Sumatra, qui abrite les derniers tigres, éléphants et orangoutans de la planète, gît le volcan Kerinci (3.805 m). Inutile donc de dire que l’ascension, sur des chemins boueux et glissants en permanence, n’est pas une partie de plaisir. Votre « douleur » s’efface toutefois au sommet, car vous arrivez tout simplement sur le « toit du monde », où une grande partie de Sumatra s’agenouille à vos pieds!

 

kerinci

Volcan Kerinci – Photo © iStockphoto.com

 

7) Le Pays Toraja

 

Sur l’île de Sulawesi, autrefois appelée Célèbes, le peuple Toraja est réputé pour ses rites funéraires uniques et ses architectures en forme de bateaux. Dans les montagnes Toraja, les paysages sont préservés, la nature y est dense et très verte, et se mélange parfaitement aux us et coutumes locaux. Traverser le pays Toraja à pied est donc un véritable voyage dans un autre monde, un autre temps.

 

toraja

© www.istockphoto.com/

 

6) Le Volcan Merapi

 

Le Merapi est l’un des volcans les plus actifs d’Indonésie. Il est également l’un des plus surveillés, car nombreux sont les Javanais qui vivent à ses pieds ou sur ses flancs (où la terre y est très fertile), ce malgré les éruptions régulières. La dernière remonte d’ailleurs à novembre 2010 et a provoqué la mort de plus de 350 personnes, dont le fameux « gardien des clés » du volcan, Mbah Marijan.

 

L’ascension-type débute depuis le village de Selo, sur les flancs nord du volcan, et s’effectue de nuit, afin d’atteindre le sommet (à 2.900 m) un peu avant le lever du soleil. Les plus aventuriers choisissent parfois de partir de Babadan (flancs ouest), afin notamment de longer les coulées de lave de l’éruption de 1998, et ainsi avoir un meilleur aperçu de l’activité volcanique.

 

merapi volcan

© www.istockphoto.com/

5) La Caldeira du Tengger (Mt Bromo) & le Volcan Semeru

 

Très accessible, le volcan Bromo est très fréquenté par les touristes, et indonésiens et étrangers. Il reste toutefois incontournable de par les paysages « lunaires » que l’ensemble de la caldeira (qui l’entoure) propose. Du haut du Mt Pananjakan (2.800 m), il est fréquent que les visiteurs affluent en 4×4, peu avant le lever du soleil, afin d’admirer le volcan Bromo, fumant aux côtés du Mt Batok, avec le majestueux Mt Semeru (le plus haut volcan de Java, qui culmine à 3.675 m) en arrière-plan. Véritable image de carte postale.

 

L’ascension du volcan Semeru s’effectue en un minimum de 2 jours et exige une excellente condition physique, car ses pentes sont raides. Au sommet (un large promontoire qui domine le cratère, situé à environ 200 m), l’observation des fréquents dégazages est impressionnante, surtout si le bruit assourdissant se mêle aux volutes noirâtres qui s’échappent des entrailles du volcan.

 

Bromo volcano at sunrise,Tengger Semeru National Park, East Java, Indonesia

Bromo volcano at sunrise,Tengger Semeru National Park, East Java, Indonesia

 

4) Le Kawah Ijen

 

Le Kawah Ijen, situé à l’extrême est de l’île de Java, est fameux pour ses porteurs de soufre et son lac d’acide (le plus grand au monde). Les randonneurs se lèvent d’ailleurs de plus en plus tôt, afin d’atteindre le bord du lac avant le lever du soleil et d’être donc en mesure d’observer le soufre gazeux et liquide, qui, de nuit, étincelle de sa couleur bleue phosphorescente. Dans le ventre du volcan, le travail de ces « forçats du soufre » nous rappelle les romans de Zola.

 

Blue sulfur flames, Kawah Ijen volcano, East Java

Mine de Soufre – Kawah Ijen – Photo © iStockphoto.com

 

3) Les Varans de Komodo

 

L’archipel de Komodo, coincé entre Sumbawa et Flores, abrite les fameux « dragons » de Komodo, et randonner à travers sa savane et ses forêts donne l’impression de se retrouver en plein « Jurassik Park ». Ces reptiles que l’on croise sont en effet d’un autre temps et leur caractère imprévisible (ils restent des animaux dangereux) fait souvent monter l’adrélanine. Un must, donc, mais n’y allez pas en haute saison, car cette destination est de plus en plus fréquentée.

 

varans komodo

varans komodo

 

2) Le Volcan Rinjani

 

Avec ses 3.626 m d’altitude, le Mt Rinjani est le deuxième plus haut volcan d’Indonésie (après le volcan Kerinci, lui à 3.805 m) et nécessite également au moins 2 jours pour son ascension. Les plus courageux l’entreprennent par le village de Senaru (sur les flancs sud), et traversent d’abord une jungle dense et humide avant d’atteindre le bord de la caldeira, qui offre un paysage magnifique, dominé par le lac Segara Anak, le volcan Baru (« Nouveau » en Indonésien) et le sommet du Rinjani, au loin.

 

Le périple est tout autant difficile que l’ascension du volcan Semeru, et il s’agit donc de bien se préparer, tant physiquement que d’un point vue logistique.

 

rinjani

rinjani

 

1) La Vallée de Baliem

 

La Papouasie indonésienne reste probablement l’une des dernières grandes terres d’aventures au monde. La chaîne de montagnes qui traverse l’île en son milieu est en effet l’une des plus difficile d’accès, et les populations qui vivent sur leurs flancs semblent tout droit sortis de la préhistoire.

 

La vallée de Baliem est considérée comme le « camp de base » de toutes explorations de cette région, et la population Dani, aux techniques agricoles ancestrales, sait parfaitement accueillir et aiguiller les plus aventuriers des voyageurs.

© Dominic C

© Dominic C

Etre Handicapé en Indonésie

© Association Hati Handicap Indonésie

© Association Hati Handicap Indonésie

 

Rencontre avec Daphné Barbedette, Présidente de l’Association HATI

Mes premiers séjours en Indonésie, quand j’étais enfant, ont été un sacré choc. C’était en effet la première fois que je découvrais des populations vivant dans des conditions d’extrême pauvreté. Je pestai alors contre le gouvernement qui ne semblait pas leur venir en aide. Le sort des handicapés me vint en même temps à l’esprit, eux qui devaient probablement mendier pour survivre également.

 

J’ai récemment entendu parler d’une association française, Hati, qui vient en aide aux handicapés d’Indonésie, ainsi qu’aux professionnels qui les soignent.

 

Daphné Barbedette, Fondatrice & Présidente de cette association, de répondre alors à mes questions.

 

Pourquoi et comment a été créée l’association Hati?

 

L’association HATI Handicap Indonésie a été créée dans le but de soutenir au niveau thérapeutique (orthophonie, psychomotricité, éducation spécialisée, etc.) les futurs professionnels ou les professionnels indonésiens qui travaillent avec des personnes handicapées.

 

Nous souhaitons:

– Participer à l’amélioration des conditions de vie et de prises en charges des populations handicapées (handicap mental, pluri-handicaps, etc.) et sourdes en Indonésie.

– Contribuer à développer en Indonésie des prises en charges adaptées aux différents types de handicaps en mettant en place des sessions de formations autour des problématiques de la prise en charge des enfants handicapés.

– Valoriser et aider à la réalisation d’initiatives indonésiennes allant dans ce sens. Notamment, HATI soutient des associations locales, qui travaillent en faveur du développement socio-culturel de la communauté sourde et le droit des handicapés de la région de Yogyakarta.

 

En pratique, HATI envoie des paramédicaux français bénévoles à l’Université Negara de Yogyakarta pour échanger sur les pratiques thérapeutiques de prises en charges.

 

HATI signifie « cœur » dans le sens de « sentiment » en indonésien. Nous avons choisi ce nom car nous nous appliquons à donner, échanger avec le cœur. Tous les membres de l’association sont des bénévoles, paramédicaux ou non, et aimant l’Indonésie ou souhaitant connaître ce pays.

 

L’association a été créée en octobre 2006 suite à la rencontre d’une orthophoniste, Hélène Fadlan, et d’une amoureuse de l’Indonésie (moi-même) depuis 1995, et, qui plus est,  ancienne de l’I.N.A.L.C.O (l’Institut National des Langues et Civilisations Orientales, basé à Paris). Nous avions précédemment animé des ateliers avec des étudiants paramédicaux dans des écoles spécialisées, lors de plusieurs voyages à Yogyakarta au début des années 2000.

 

Et surtout, HATI est née à la suite d’un constat que l’enseignement spécialisé et les prises en charge des enfants handicapés dans les écoles n’étaient pas suffisantes. Il existe en effet des disparités énormes entre la campagne et la ville, malgré la soixantaine d’écoles spécialisées destinées à l’accueil d’enfants handicapés, qui sont réparties dans cette région. Peu de moyens sont également mis en place dans les écoles, et, nous sommes surtout étonnés de l’important écart de prise en charge selon les classes sociales. N’oublions pas, enfin, la très forte culture animiste et la nette influence de la religion, qui retardent assurément la gestion des handicaps en Indonésie.

Mais ce sont également de belles rencontres qui ont provoqué la naissance d’HATI, telle celles d’avec Umar, orthophoniste autodidacte aidant les enfants sourds; d’avec Murni, une étudiante en PLB à l’époque, et qui maintenant œuvre pour le droit des handicapés; et la rencontre avec l’association Matahariku qui a concrétisé la création d’HATI, avec  une envie de donner en échangeant.

 

Pourquoi former les professionnels indonésiens?

 

Des universités proposent des diplômes d’enseignement spécialisé dans le handicap (ou dans  le domaine paramédical comme l’orthophonie). Ces cursus durent un peu plus de 3 ans avec des stages. Mais le programme est très généraliste, car ils sont destinés à enseigner de l’académique à des enfants handicapés. Les professionnels déjà en fonction n’ont pas forcément vu, appris ou pratiqué toutes les méthodes. Les formations continues coûtent chers. Nous proposons un moment de rencontre gratuit où les professionnels français et indonésiens peuvent échanger entre eux de cas, de techniques thérapeutiques, et la possibilité de discuter des solutions possibles. Mais surtout nous sommes là pour que le mot « oser » soit un maître-mot: regarder un enfant, individualiser la prise en charge et perpétuellement essayer.

 

© Association Hati Handicap Indonésie

© Association Hati Handicap Indonésie

 

Les choses bougent depuis 15 ans mais malheureusement nous constatons encore le souhait de la guérison du handicap. Et nous sommes dans le devoir de leur répondre qu’il faut apprendre à faire avec le handicap et faire évoluer un enfant malgré les progrès parfois infimes.

 

Pourquoi intervenez-vous à Yogyakarta ?

 

Hélène Fadlan venait régulièrement à Yogyakarta. Alors des liens forts se sont tissés et nous souhaitons les maintenir car c’est la force de l’échange. Le « coeur » de l’association se résume à se voir grandir les uns les autres, d’aider et d’encourager tout le long de l’année, au fil des ans.

 

Nous souhaitons toutefois commencer à intervenir et développer le réseau d’échange entre professionnels en allant vers Solo, puis traverser les océans vers d’autres villes comme Padang, Balikpapan, etc. Car le réseau d’échange ne doit pas se faire que sur l’île de Java, et pas uniquement dans les villes, mais également et surtout dans d’autres îles, ainsi que dans les campagnes. Le regard sur le handicap change, des programmes de sensibilisation par le gouvernement et des associations locales sont mis en oeuvre, mais cela ne suffit pas.

 

© Association Hati Handicap Indonésie

© Association Hati Handicap Indonésie

 

Quel était le but de votre mission en 2014 et quels résultats avez vous obtenus?

 

La mission de 2014 s’est déroulée avec Elodie Bottoni, Nina Boitel (2 psychomotriciennes) et Ondine Champavere (1 orthophoniste), sur le thème du handicap mental qui était une demande des étudiants, des professionnels et de l’Université. Car, à chaque mission, un thème spécifique est développé spécialement en fonction des demandes formulées. Le but était de continuer les échanges entre les étudiants et professionnels. Résultat, certains professionnels suivent nos sessions depuis 2008. Les échanges évoluent et se perpétuent. Nous avons tissé des très forts liens, même de loin. Nous avons un forum, mais ils peuvent nous joindre également par email. Il y a un vrai suivi pour ceux qui le désirent. Mais surtout, lors d’une formation, environ 25 personnes sont formées dans le but de former eux-mêmes les professionnels qui sont dans leur établissement, dans leur faculté, dans leur réseau. Et nous avons pu comptabiliser qu’environ 150 personnes sont formées indirectement. Nos échanges sont reliés, et c’est là le plus important.

 

Chaque mission est composée de 35h de cours: cas pratiques et discussions, et, pendant les heures creuses du programme de la mission, nous visitons au moins trois écoles spécialisées, afin de voir les évolutions des prises en charges, des réglementations, des conditions sanitaires et de la motivation des enseignants et des parents – qui est primordiale dans le développement de l’enfant.

 

Nous nous sommes également entretenus avec le SIGAB (institut pour le playdoyer et l’intégration des personnes handicapées) sur leurs actions concernant les droits des handicapés, et avons assisté, sous le haut patronat de l’épouse du Sultan, à une conférence d’associations de familles d’enfants sourds, avec des témoignages de vie d’adolescents et d’adultes sur l’importance de l’appareillage dès le plus jeune âge, afin de faciliter les capacités cognitives.

 

Mais les missions ne pourraient se dérouler sans l’aide matérielle de l’Université, de l’Institut Français de Yogyakarta, d’Azimuth Adventure Travel Ltd et de l’Ambassade d’Indonésie à Paris, qui contribuent à nos actions.

 

Quel est votre projet pour 2016 ?

En Indonésie, notre projet de 2016 reste dans la continuité des autres années. Notre priorité est l’échange de savoir auprès des étudiants et professionnels à l’Université Negera de Yoyakarta. Le thème est en cours de définition. Les partants seront une éducatrice spécialisée, une psychomotricienne et une orthophoniste, encadrées par Kathy Wislez, psychomotricienne et responsable technique de la mission (qui faisait également partie des missions de 2008 et de 2011). Le départ est prévu pour le mois d’août 2016.

 

Nous souhaitons également redévelopper notre lien direct avec les enfants grâce à des ateliers d’animation, et des échanges entre professionnels en direct dans certaines écoles où des demandes auront été formulées. Un binôme de thérapeutes et des scouts travailleront en équipe avec les enseignants spécialisés.

 

Nous souhaitons également commencer à mettre les galons d’un centre de ressources à Yogyakarta.

 

En France, nous organiserons des journées de sensibilisation au handicap dans les écoles, et toujours des événements pour faire connaître nos actions, accueillir de futurs bénévoles et collecter des fonds.

 

Si vous souhaitez en savoir plus, nous rencontrer, ou nous aider à votre manière, n’hésitez pas à consulter nos sites:

www.hati-france.org

https://www.facebook.com/HatiHandicapIndonesie

Préservation de l’Environnement à Bali – Association Peduli Alam

11 - logo PABali est bien évidemment réputée pour ses paysages de « carte postale », sa culture hindoue et ses rizières en terrasses. Mais, une fois sur place, de nombreux voyageurs constatent souvent que l’île des Dieux n’est pas aussi propre qu’elle n’en a l’air: bouteilles et sachets plastiques en tous genre polluent en effet les rivières et les bords de mers, et peu de personnes s’appliquent à tenter de résoudre ce problème, malheureusement.

 

Lors d’un récent séjour à Bali, j’ai eu toutefois l’occasion de rencontrer quelques bénévoles qui travaillent pour l’association « Peduli Alam », fondée il y a quelques années. Leur mission est notamment de protéger l’environnement en sensibilisant la population locale sur l’importance du tri des déchets.

 

Valérie, une belge qui vit à Amed depuis des années et qui est très sensible aux questions de l’Environnement, m’explique alors plus avant les objectifs de « Peduli Alam ».

 

L’association a d’abord été fondée en 2009 à Amed par une Française, Charlotte Fredouille. Elle venait de terminer une mission humanitaire de 6 mois au Népal, et, tombant sous le charme de Bali et plus particulièrement de la région d’Amed, décida de s’y installer.

 

Mise en place d’un réseau de collecte de déchets

 

Au commencement, elle met en place des poubelles dans le village et, très vite, Charlotte achète un véhicule de ramassage des ordures. Peu à peu, elle et son équipe finissent par gagner la confiance des autorités locales, qui leur demandent alors d’étendre leur action aux villages voisins.

 

L'équipe - © Association Peduli Alam

L’équipe – © Association Peduli Alam

 

Cette action consiste plus précisément à l’installation de plus d’une centaine de poubelles permanentes dans les villages alentours, les épiceries, voire les écoles en bord de routes, afin de faciliter le travail des ramasseurs. Seuls les déchets non organiques sont collectés.

 

Les poubelles principales sont en ciment, afin qu’elles résistent aux intempéries et à la chaleur, et parfois en métal, car plus facile a transporter.

 

11 - Poubelle PA

Poubelle – © Association Peduli Alam

 

Des poubelles individuelles sont également disposées dans les petits magasins, dans les écoles – grands producteurs d’ordures, ainsi que dans les foyers. Celles-ci sont ensuite vidées dans des grands vide-ordures publics. Le camion-poubelle de l’association passe une fois par semaine afin de transporter les ordures à Amlapura, où elles sont triées, nettoyées et revendues pour recyclage.

 

Revalorisation des déchets

 

Une partie des déchets plastiques collectés est utilisée pour la fabrication de sacs qui sont proposés à la vente sur le site Internet et dans les locaux de l’association, ainsi qu’à la boutique AdiShop (Amed). Il va sans dire que les bénéfices financent directement les nouvelles actions. Ce qui représente un don d’environ 6 à 10 euros par achat.

 

Charlotte Fredouille

Charlotte Fredouille – © Association Peduli Alam

 

Sensibilisation de la population et notamment des jeunes

 

Peduli Alam a également pour vocation d’éduquer la population locale, notamment les plus jeunes, à l’importance du tri des déchets. Car seules les ordures non organiques seront triées, et le reste « composté » pour terminer en fertilisant agricole. Des ateliers sous forme de jeux sont en outre mis en place dans les écoles, où des livres éducatifs sur la protection de l’environnement sont également mis à disposition.

 

Peduli Alam s’est récemment associée à une autre association, Trash Hero, qui se spécialise dans le ramassage des ordures sur les plages – chaque lundi, afin de mutualiser les ressources, et notamment le camion-poubelle.

 

11 - Trash Hero

© Trash Hero Amed

 

Chaque acteur économique d’Amed et des environs et mis à contribution, mais il n’empêche que ces deux associations ont un besoin constant en dons (afin de financer l’achat de matériel, la fabrication de nouvelles poubelles et l’élargissement des actions en dehors d’Amed) et en volontaires/bénévoles.

 

Pour l’instant seuls quelques acteurs économiques les soutiennent financièrement, mais un groupe est en train de se monter et de plus nombreux donateurs leurs ont été promis.

N’hésitez donc pas à consulter leurs sites Internet respectifs pour en savoir plus.

 

Yogyakarta: La Prestigieuse Histoire de l’Hôtel Phoenix

Crédit Le Phoenix Hotel

Crédit Le Phoenix Hotel

 

Rencontre avec Thomas Evrard, directeur de l’hôtel.

 

Les murs qui abritent l’actuel hôtel Phoenix furent construits en 1918 et connurent plusieurs propriétaires successifs. Le premier était un riche Chinois, marchand d’épices, Kwik Djoen Eng.

En 1942, dès l’occupation japonaise, cette grande bâtisse de style colonial fut transformée en hôtel, le Yamato Hotel.

 

A la fin de la seconde guerre mondiale, entre 1946 et 1949, le Consul de Chine prend possession des lieux, et ce n’est qu’en 1951 que le Yamato Hotel devient l’hôtel Merdeka – qui signifie « hôtel liberté » en Indonésien. Le tout premier Président de la jeune République Indonésienne, Soekarno, en fera rapidement sa résidence régulière.

 

Plus tard, en 1993, le « Phoenix Heritage Hotel » ouvre ses portes et ses 66 chambres aux voyageurs. L’établissement change une nouvelle fois de nom en 1996: le Phoenix Hotel.

 

Et c’est en 2003 que le management de l’hôtel est confié au groupe français Accor, qui décide d’abord de l’agrandir et de l’aménager aux standards occidentaux, sous la bannière de la chaîne « Mercure ». Dans le but de préserver l’héritage historique des lieux, il est alors décidé de mettre en exergue les tonalités asiatiques et européennes, qui retranscrivent le charme unique de cette ancienne mansion coloniale.

 

Thomas Evrard

Thomas Evrard

 

Thomas Evrard, qui dirige l’hôtel depuis avril 2013, me reçoit et débute la conversation en retraçant rapidement son parcours professionnel.

 

Il a commencé à travailler dans la restauration, dès l’âge de 16 ans, et s’est ensuite formé plus avant à l’école de commerce de Toulouse. Il découvre Bali pour la première fois en 1995 et tombe rapidement sous le charme de l’Indonésie.

 

De retour en France, il crée des liens avec la communauté indonésienne de Paris, qui lui facilite l’obtention d’un stage chez un fabricant de cigares à Yogyakarta (dont l’usine date de la même année que l’hôtel Phoenix). Son immersion de quelques mois dans une famille indonésienne renforce sa passion pour le pays.

 

Sa carrière dans l’hôtellerie débute véritablement en Afrique équatoriale, où il aide à développer cette nouvelle industrie dans le tout premier véritable hôtel de la région.

 

Toujours amoureux de l’Indonésie, il postule plus tard pour un poste à Bornéo, mais se retrouve à Bali, où il restera 3 ans. Son parcours professionnel passera rapidement par Bangka, Jakarta et Lombok avant de prendre les rennes de l’hôtel Phoenix à Yogyakarta.

 

Ici, ses journées débutent en général vers 7h. Puis, vers 8h30, est organisé le « morning briefing », qui réunit chaque responsable des services. Il s’agit en effet de faire le point sur la journée écoulée et celle qui s’annonce, afin non seulement d’assurer une excellente communication entre les équipes de nuit et celles de jour, mais également de faire le point sur les clients et les groupes qui arrivent. C’est donc une réunion importante qui anime donc le travail quotidien.

 

L’après-midi est consacrée à des réunions plus poussées avec les différents managers, puis Thomas passe un peu de temps, quand il peut, à l’accueil personnalisé de clients fidèles, ou qui ont été signalés comme « vip » .
Thomas souhaite ensuite mettre en exergue sa technique de management dit « interculturel ». C’est à ce moment précis qu’il établit une grande différence entre son expérience africaine et son travail en Indonésie. La langue et la manière de travailler sont autres, ici, et il est donc important de s’adapter, afin d’optimiser les relations humaines. Sourire ou dire « bonjour » ne sont par exemple pas des réflexes aussi naturels dans toute l’Afrique, et Thomas se rappelle qu’il devait insister auprès de ses collègues pour qu’ils fassent preuve d’hospitalité. Presque tout le contraire de l’Indonésie où cette notion fait partie de la vie de tous les jours.

 

Par contre, la motivation n’est pas toujours « automatique ». La notion du temps est également différente et le directeur de l’hôtel doit composer, comprendre les us & coutumes du pays afin de rendre le travail plus efficace.

 

Avec le temps, Thomas a compris que l’essentiel est de s’assurer que chaque employé est motivé et de vérifier que ses instructions ont bien été comprises.

 

Conscient que perdre son sang-froid est mal interprété en Indonésie, il fait toujours attention à ne froisser quiconque.

 

Thomas est en tout cas un passionné et il conseille, à qui souhaite venir travailler dans ce fabuleux pays, de maîtriser au moins la langue anglaise et si possible l’Indonésien également. Après, il est clair qu’en Indonésie beaucoup d’imprévus peuvent arriver. Il s’agit alors de ne pas trop faire de « plans sur la comète ».

 

L’avantage de travailler dans un groupe comme Accor est qu’il est possible de débuter sa carrière en bas de l’échelle puis de monter en grade au fur et à mesure pour atteindre des postes tels que « manager d’hôtel ». Il est également important de « mettre les mains dans le cambouis » – même si l’on a fait de hautes études, c’est-à-dire de posséder une expérience des corps de métiers qui constituent l’industrie hôtelière. Accor – parmi les premiers groupes hôteliers mondiaux – est évidemment une très grande famille, qui permet de faire carrière partout dans le monde.

 

Bref, Thomas est conscient de la chance qu’il a de diriger l’hôtel Phoenix à Yogyakarta, et c’est la raison pour laquelle il met toute son énergie à promouvoir ses services, tout autant d’ailleurs que la culture javanaise qu’il semble chérir avec passion.

Le Clin d’Oeil Indonésien du 23/10/15: Bikini

no bikini rule

Bikini: le port du bikini n’est pas toléré sur certaines plages, en Indonésie

 

Rencontre avec Christophe et Yanti: Se ressourcer à la Villa Sumbing

Villa Sumbing

 

Rencontre avec Yanti & Christophe, ses propriétaires.

 

A la saison sèche, une envie de profiter du beau temps apparaît, un besoin de nouveauté se fait sentir et la question classique se pose: qu’est ce que je fais ce week-end? Pas besoin d’aller bien loin, un petit paradis nous attend sur les flancs du Mt Sumbing, à quelques km de Yogya!

 

La Villa Sumbing Indah: un petit hôtel de charme et idyllique où la « formule bonheur » vous comblera le temps du week-end, de la soirée ou pourquoi pas la semaine.

 

Cette formule est toute simple : une base de soleil, une dose de calme, une pincée de gentillesse, un soupçon de nature, un brin de gourmandise, une larme de bien-être, un grain d’originalité, relevé par une pointe de tradition.

 

La Villa Sumbing Indah, c’est l’éclosion d’un projet tout d’abord utopique! L’histoire commence en 2005 lorsqu’un couple franco-indonésien décide de troquer sa vie parisienne pour une aventure indonésienne, après avoir séjourné en France 16 années et vécu au Maroc, à Singapour, à Tahiti, etc. Ils connaissent le terrain, ils se sont rencontrés en Indonésie plusieurs années auparavant, en 1995 exactement, lorsque Christophe, venu en mission à Jakarta, y avait rencontré Yanti.

 

Ils redécouvrent tout d’abord cet archipel dans un contexte de vacances puis, en 2007, l’idée de construire des chambres d’hôtes émerge. Ils deviennent propriétaires d’un poulailler situé sur les hauteurs de Magelang, qu’ils ne tardent pas à transformer en petit cocon pour des futurs voyageurs. Yanti teste ses recettes indonésiennes, Chritophe prend des cours de cuisine, construit sa piscine en suivant le « mode d’emploi » sur internet. Ils partent de rien et tentent de créer le meilleur, avec toujours l’envie et le sourire aux lèvres !

 

Leurs débuts furent assez difficiles: Yanti & Christophe distribuent eux-mêmes les prospectus aux feux rouges, financent les inaugurations et les travaux se terminent au gré des premiers revenus engendrés. En 2009, un coup de pouce inattendu de la part d’un client chinois les propulse sur le marché et la Villa Sumbing Indah commence à se faire un nom : la carte du restaurant s’occidentalise, la cuisine s’agrandit, le poulailler se métamorphose, les excursions s’organisent, la piscine se remplit!

 

Photo par Ari Saasli

 

 

Aujourd’hui, c’est un lieu hors du temps où exotisme et traditions javanaises se mélangent pour créer la formule parfaite. La Villa surplombe les rizières et la piscine déborde sur la nature environnante. Les cinq chambres de charmes offrent un confort maximum pour un séjour inoubliable. Un joglo traditionnel vient également d’être construit pour celles et ceux qui préfèrent un peu plus d’intimité. Yanti & Christophe n’ont de toute façon pas perdu leur sourire: leur légendaire gentillesse continue donc d’exulter.

Coquilles Saint-Jacques, soupe à l’oignon, rôti de porc ou de bœuf, épinards, steak, frites, champignons, pavé de saumon, tarte normande, gâteau au chocolat, apéro, vin, digestif… La table est prête, et Yanti & Christophe vous

Voyage au Royaume des AnciensElisabeth Inandiak]]>

Pasar Malam

Pasar Malam

 

 

Le Mont Halimun n’est pas accessible par son versant nord, celui tourné vers l’affluence et l’agitation de Jabodetabek*, l’acronyme désignant la mégalopole de 30 millions d’habitants qui regroupe Jakarta et quatre autres villes satellites. Pour se rendre sur cette montagne des mille brumes, il faut, à partir de Bogor, se frayer un passage entre le Mont Salak et le Mont Gede et descendre jusqu’au littoral méridional de Java Ouest, jusqu’à la baie de Pelabuhan Ratu, puis faire l’ascension du Halimun par son flanc sud. C’est sans doute ce relief escarpé qui a protégé pendant des siècles le « Kasepuhan », « le Royaume des Anciens ». Ses habitants se disent les descendants d’un des trois maîtres d’armes du roi sundanais Siliwangi, qui au XVIe  siècle, après avoir été vaincu par l’armée  de Banten, a fait ngahyang, l’exil dans l’invisible. Les survivants de cette débâcle se seraient regroupés autour du maître d’armes Ki Demang Haur Tangtu et auraient ainsi préservé leur système ancestral de riziculture. Même la « révolution verte » lancée massivement par Suharto dans les années 1970 n’est pas arrivée jusque là. Les rizières en terrasses du Kasepuhan n’ont pas été contaminées par les pesticides ni les engrais chimiques que l’Ordre Nouveau a imposés à tous les paysans indonésiens pendant vingt ans. Les villages de ce royaume mythique ont préservé l’adat, c’est-à-dire la loi coutumière ancestrale qui leur interdit de planter des semences hybrides standardisées et de faire commerce du riz. Selon la règle des Anciens, le riz doit être produit en autarcie, sans aucune transaction financière, si bien que les rizières sont toujours labourées par les buffles, plantées de semences locales, les épis battus et décortiqués à la main, et le riz cuit sur un brasier en terre au feu de bois.

 

*Jakarta, Bogor, Depok, Tangerang et Bekasi

 

Le gouvernement du Royaume des Anciens est situé dans le village de Ciptagelar, à plus de mille mètres d’altitude, presqu’au sommet du Mont Halimun. La route asphaltée qui monte de Pelabuhan Ratu soudain disparaît. Ne reste plus qu’un sentier de montagne en pierres que les villageois ont taillé eux-mêmes en quelques semaines à travers le Parc National. On pénètre alors dans un monde légendaire peuplé de tigres qui hantent encore, dit-on, la forêt et qui ont la particularité de se faire aussi gros qu’un buffle ou aussi petits qu’un chat tout en gardant la même longueur de queue. « Il était une fois une île gouvernée par deux déesses… » Le temps du conte devient réel à la vue de l’Océan Indien tout en bas qui jette ses vagues géantes sur les plages de Pelabuhan Ratu, pour le plus grand plaisir des surfeurs. On aperçoit aussi le fameux Samudra Beach Hotel, construit sur un rêve de Sukarno en 1966, et dont la chambre 308, peinte tout en vert, est réservée à Ratu Kidul, la redoutable déesse de la mer, qui confère aux rois de Java le pouvoir temporaire de régner sur les hommes. Et tandis que la forêt s’ouvre pour laisser les rizières grimper toujours plus haut sur la montagne, on entre dans le royaume de Dewi Sri, la déesse des rizières. À Java Centre, les paysans ont oublié que la terre est leur mère, et la rizière une femme enceinte qui a des goûts capricieux pour les feuilles de tamarin. Ils ne déposent plus ces herbes aromatiques sur les canaux d’irrigation, et dans leur maison il n’y a plus de chambre réservée à la déesse et son amant, comme le voulaient les rites de fertilité  teintés d’érotisme des grands royaumes hindous-bouddhistes puis musulmans de Mataram. Mais ici, au Royaume des Anciens, Dewi Sri, ou plus exactement Pohaci, la forme nubile de la déesse des rizières, a toujours sa chambre réservée dans chaque maison, et personne sinon la maîtresse de maison a le droit d’y pénétrer. La pièce interdite, appelée pangdaringan, est fermée par un simple rideau, mais le tabou énoncé par le droit coutumier est plus efficace qu’une porte blindée. Il y fait sombre car l’électricité y est également bannie. C’est là qu’est entreposé le riz fraîchement décortiqué aux côtés d’un miroir, d’un peigne et de produits de maquillage. Pour que Pohaci se fasse belle. Il existe une multitude de versions de sa naissance. L’une d’elle raconte qu’elle serait née d’une larme d’Antaboga, le dieu des serpents. Batara Guru, le maître des cieux, l’éleva comme sa propre fille mais s’éprit bientôt d’elle. Pohaci préféra se laisser mourir de faim plutôt que de céder aux avances de son père adoptif. La terre se referma sur son corps. Jusqu’au jour où il en sortit une créature merveilleuse ayant pour tête une noix de coco, pour bras des bambous, pour pieds du manioc, pour ventre du sagou, pour poitrine une papaye, pour vagin un palmier aren et pour nombril un grain de riz.

 

Quant à Dewi Sri, ce n’est pas une chambre qui lui est réservée mais une maison à elle toute seule: le leuit. Quand on arrive à Ciptagelar, on est saisi par la beauté archaïque de ces greniers à riz construits sur pilotis, toits de chaume, parois en bois. Ils s’alignent par dizaines au milieu de fleurs sauvages, de torrents clairs et de rizières d’un vert éblouissant. On croit tout d’abord que ce sont les maisons des villageois. Mais non, ceux-ci se font discrets, tout l’honneur est à Dewi Sri. « Sri, c’est sera en sundanais, c’est-à-dire l’équilibre. Dewi Sri est la déesse de l’équilibre entre le ciel et la terre, l’homme et la nature, le bien et le mal. Dewi Sri, c’est nous. C’est pourquoi vendre le riz, se serait nous vendre nous-mêmes », explique Aki Sukarma, responsable des rituels des greniers à riz. Une famille peut posséder jusqu’à six leuit, et le Kasepuhan en compte plus de huit milles. Deux sortes de rizières sont cultivées au Kasepuhan : les huma, rizières sèches de montagne, les plus anciennes, et les sawah, rizières inondées dont certains disent qu’elles auraient été apportées par les Japonais pendant la Deuxième Guerre mondiale, et d’autres par un paysan fou dingue, qui serait tombé une nuit dans un trou d’eau avec une gerbe de riz, il y a trois siècles de cela. « Pour les semis, les grains ne sont pas  plantés un à un, isolés les uns des autres. Non. On utilise les gerbes lourdes de grains, on les allonge doucement les unes à la suite des autres, et deux mois après, on recueille les pousses vertes dont elles ont accouchées naturellement et on les plante en accord avec le mouvement des étoiles dans le ciel », raconte Aki Sukarma.

 

Le centre du village est occupé par l’Ima Gede  une très vaste maison communautaire, construite elle aussi tout en bois, en bambou et en chaume. C’est là que chaque soir de pleine lune, les femmes préparent les gâteaux de riz rituels sur des feux de bois dans l’immense cuisine où se réunissent aussi les homes qui arrivent parfois de lointains hameaux à pied pour échanger des nouvelles et des semences de riz, parmi les cent soixante espèces que comptent le Kasepuhan. C’est aussi là qu’habitent le chef du droit coutumier, Abah Agi, un tout jeune homme, qui a succédé à son père mort en 2007, et sa femme, qu’on appelle « la Reine », bien qu’elle soit vêtue comme toutes les autres femmes du Kasepuhan d’un kain  et qu’elle participe à égalité aux tâches de la cuisine. Même s’il est électrifié et qu’il possède une télévision communautaire qui diffuse en continu les rituels filmés lors des semences et des moissons, le village de Ciptagelar semble très ancien. Or il a été construit en 2001, lorsque le père de l’actuel chef du droit coutumier, Abah Anom, a reçu un hijrah wangsi, l’ordre des ancêtres de déplacer le centre du royaume.

 

Le vieux maître de l’angklung, ces orgues de bambous qui accompagnent ici toutes les fêtes rythmant la croissance du riz, témoigne avoir dans sa longue vie déjà changé cinq fois de lieu. Il appartient au Baris Kolot, le cabinet « ministériel » qui seul se déplace avec le chef du droit coutumier. Les quelques 20.000 autres sujets du royaume, eux, demeurent dans leurs villages. « C’est une manière de déployer l’histoire et le destin du Kasepuhan, de marquer notre territoire qui s’étendait autrefois du sud de Bogor à Sukabumi et pour déstabiliser jadis les envahisseurs. Mais aujourd’hui c’est aussi pour ne pas nous scléroser et nous corrompre, pour nous éloigner de l’agitation de la ville qui gagne de plus en plus de terrain. »

 

Le gouvernement du royaume des Anciens est aujourd’hui presque au sommet du Mont Halimun. Il ne peut plus monter plus haut. Abah Agi et ses ministres ne semblent pas inquiets. Leur village s’ouvre au monde, accueille de plus en plus d’étudiants et de chercheurs en agronomie nostalgiques d’un  temps où les déesses gouvernaient encore la terre et la mer en accord avec le mouvement des étoiles. D’ailleurs, Ciptagelar signifie « ouverture ». Les visiteurs participent aux longues veillés dans l’Ima Gede, dans la chaleur et la fumée des feux de bois qui cuisent inlassablement le riz, tandis que dehors, le brouillard froid efface le monde. Seules deux lueurs rouges brillent dans cette brume épaisse, sous deux petits pavillons. Ce sont les deux feux sacrés que les hommes du royaume gardent jour et nuit en alternance pour que jamais ils ne s’éteignent. On raconte qu’en octobre 2010, tous les gardiens du feu sont partis travailler dans les mines d’or sauvages à douze heures de marche de là. Ne pouvant vendre leur riz, ils se vendent aux entrailles de la terre pour gagner de quoi s’acheter une moto, et parfois y laissent leur vie dans l’éboulement d’un tunnel. Cette nuit-là, l’un des feux s’est éteint et serait parti sur le volcan Merapi, à Java Centre, provoquant la terrible éruption. Abah Agi a sévèrement réprimandé les gardiens du feu et leur a rappelé que le Royaume des Anciens était un des quarante derniers lieux de la terre qui veillait à l’équilibre des forces telluriques…

 

GUIDE PRATIQUE – CIPTAGELAR

Adresse : Kasepuhan Ciptagelar – Desa Sirna Resmi – Kecamatan

Cisolok – Kabupaten Sukami (à 100 km).

 

Une visite à Ciptabelar est un long voyage. Elle ne peut se faire en une journée. Il faut prévoir de rester dormir sur place. Les visiteurs sont accueillis dans des chambres sommaires de l’Ima Gede. Parfois, si les chambres sont pleines, on dort dans la grande salle commune, sur des nattes. Apporter son sac de couchage. Il fait froid la nuit, car on est en montagne. Le prix de l’hébergement et des repas pris en commun n’est pas fixé. Faire une donation d’un minimum de Rp 150.000/jour. Le village étant assez isolé, vous pouvez aussi apporter quelques provisions ou friandises pour la communauté: pas de riz ni de café, ils en cultivent.

 

LE MEILLEUR MOMENT POUR S’Y RENDRE:

Chaque mois au moment de la pleine lune. Arriver un jour ou deux avant pour voir les préparatifs. La nuit de la pleine lune, danse, angklung, wayang golek… Ou au mois d’août, pour la grande fête après les moissons: Seren Taun.

 

TENUE VESTIMENTAIRE RECOMMANDEE:

 

• pour les femmes un kain batik, s’il fait froid, le nouer par-dessus le pantalon

 

• pour les hommes, un ikat kepala.

 

AVANT DE PARTIR POUR CIPTAGELAR:

Contacter la personne en charge des « relations extérieures »: Yoyo Yogasmana (Tél: +62 87886622563), un artiste contemporain, originaire de cette région, qui a choisi de revenir vivre parmi ses ancêtres avec sa femme de Solo. Tous deux parlent parfaitement anglais. Il enverra un jeune de Ciptagelar vous chercher, soit en jeep, soit en moto. Coût de la Jeep: environ Rp 500.000 l’aller. Coût de la moto : Rp 150.000 l’aller. Environ une heure et demie de route de Pelabuhan Ratu à Ciptagelar, le dernier segment d’une quinzaine de kilomètres étant un sentier de pierres carrossable uniquement en jeep ou en moto (avoir un bon sens de l’équilibre et un dos solide à l’arrière de la moto).

 

POUR SE RENDRE A CIPTAGELAR DE JAKARTA:

Cela peut prendre entre 8 et 12 heures de route. Éviter le week-end car la route est très fréquentée par les citadins qui se ruent vers Puncak ou vers Pelabuhan Ratu.

 

JAKARTA-BOGOR:

On peut couper le voyage en passant une nuit à Bogor, l’occasion de visiter le jardin botanique.

 

BOGOR-PELABUHAN RATU:

Eviter le week-end, mais aussi les heures d’entrée et de sortie d’usine, car la route traverse des zones industrielles complètement embouteillées lorsque les milliers d’ouvriers entrent ou sortent des usines. Sachant qu’ils font les trois-huit, il est difficile de trouver un créneau « vide ». Donc patience. Rêver du Royaume des Anciens au milieu des embouteillages.

 

PELABUHAN RATU:

On peut s’y arrêter pour déjeuner en bord de mer, dans un des nombreux restaurants de poissons. En semaine, c’est très calme et très agréable. Et y dormir à l’aller ou au retour, pour profiter de l’océan splendide et de cette ambiance assez magique liée à Ratu Kidul. Dormir si l’on veut dans le mythique Samudra Beach Hotel.

 

Paru dans Le Banian, n° 19, Soi et autrui. Les étrangers d’Indonésie,  Paris, juin 2015, Association Pasar Malam.

Nos Partenaires

Afin d’asseoir la qualité de ses articles et sa pérennité, Chroniques d’Indonésie collabore avec des partenaires prestigieux.

 

Nous souhaitons d’abord remercier l’Institut Français de Yogyakarta, et notamment sa directrice, Christine Moerman, qui accepte de nous confier la promotion de ses manifestations culturelles.

 

 

IFI

 

 

Nous sommes également reconnaissants envers Johanna Lederer, Présidente de l’Association Franco-Indonésienne Pasar Malam, pour le partage régulier d’articles (publiés originalement dans la revue « Le Banian »), qui invitent au voyage.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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