L’Ile de Komodo : Dragons et Lagons, Tourisme et Patrimoine (extrait)
Frank Michel

Dragon de Komodo

Dragon de Komodo Photo © Dominic C

 

« Le meilleur qu’on puisse ramener de voyages, c’est soi-même, sain et sauf » professe très sagement un joli proverbe persan, criant de vérité sinon d’effroi. Un séjour au pays des dragons reste gravé dans les mémoires touristiques, car il projette le visiteur dans un autre temps, celui en vérité de l’angoisse sous contrôle et du trip organisé, bien plus que celui d’une préhistoire mythique vendue par les agences. Il reste qu’inconsciemment nombre de visiteurs gardent cette émotion et même cette sensation d’avoir échappé au pire : se faire engloutir tout cru au bout du monde par un varan géant, au mauvais moment, au mauvais endroit. Revenir « sain et sauf » de cette « expérience non ordinaire », pour reprendre le terme du sociologue John Urry, participe à ce simulacre au demeurant efficacement mis en scène, la patrimonialisation officielle du site n’ayant fait que renforcer une scénarisation bien huilée.

 

Le parc national de Komodo, du nom de la principale île où se trouvent les célèbres varans, est niché au cœur d’un ensemble d’îles joliment bordées de récifs coralliens sur lesquelles vivent plusieurs familles de pêcheurs musulmans, notamment des Makassar, des Bugis, des gens également venus de Sape ou de Bima sur l’île voisine de Sumbawa ou encore d’autres habitants de Florès voire de Sumba, sans oublier quelques Bajo, ces « gitans de la mer » démunis et oubliés qui survivent tant bien que mal dans l’Est de l’archipel Indonésien. Les « dragons » de Komodo, comme on les appelle généralement, ne sont pas les derniers témoins de la préhistoire (même s’ils y ressemblent !), mais de très gros lézards et de lointains cousins qui hantent les origines de notre temps. Par contre, leur apparence, c’est-à-dire leur forte ressemblance avec les dinosaures qui ont occupé notre enfance bien plus encore que cette aire géographique, est flagrante et a largement forgé notre imaginaire.

 

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Extrait du livre « En route pour l’Indonésie » de Franck Michel

 

 

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