sommet merapi

L’Ascension du Volcan Merapi

sommet merapi

© Ari Saaski

 

Le volcan Merapi culmine à plus de 2.900 m d’altitude. C’est l’un des plus actifs d’Indonésie. Il « trône » à Java Centre, au nord de la cité culturelle de Yogyakarta. Sa dernière grande éruption date de 2010 et a fait de nombreuses victimes dont Mbah Marijan, le « Gardien des Clés » et protecteur de la montagne de feu. Malgré ses dangers, le Merapi fascine et attire de nombreux aventuriers en quête de sensations fortes. L’ascension est réputée difficile: avoir une bonne condition physique est dès lors indispensable, et un sacré mental est également un « must ».

 

Depuis le village de Selo (sur les flancs nord du volcan), l’ascension nécessite en général 4 heures et la descente 3 heures. Il est également conseillé de partir dès 1 heure du matin, afin d’atteindre le sommet un peu avant le lever du soleil. Entreprendre cette randonnée en pleine journée est selon moi une mauvaise idée en raison de la chaleur, mais vous avez par contre la possibilité de profiter du superbe panorama.

 

Le Merapi, j’en ai rêvé depuis que je suis installée à Yogyakarta il y a plus d’un an. J’ai entendu tellement d’histoires à son propos que je n’avais qu’une hâte, l’explorer au plus près. Réputée difficile, je crains toutefois un peu cette grimpée. Le Merapi sera ma première grande ascension et je me dis que si j’y arrive, il deviendra un tremplin pour la confrontation d’avec d’autres volcans encore plus impressionnants, tels le Semeru à Java Est et le Rinjani à Lombok.

 

Vendredi, il est plus de 22 h, nous sommes au village de Selo (à 1.800 m d’altitude) dans la maison de notre guide Yoko. Mon équipe et moi nous préparons pour ce grand défi. Nous vérifions notre matériel: lampe frontale, gants, bouteilles d’eau, biscuits… J’en profite pour faire connaissance avec notre accompagnateur, Yoko, qui exerce ce métier depuis de longues années.   Il est à présent minuit et Yoko nous propose de partir vers « New Selo », qui est devenu le lieu de départ de l’ascension. Le ciel est dégagé,  une étoile filante tombe du ciel, c’est peut-être bon signe.

 

La randonnée débute, et le rythme est tout de suite assez rude, car le chemin est raide ! Je me demande dans quel pétrin je me suis engagée. Et surtout, pourquoi? Je me sens en effet « tout chose », mais, après une courte pause, au cours de laquelle je bois et avale un biscuit, tout va mieux, et ma motivation n’en est que décuplée. D’autres arrêts sont effectués par la suite, de manière régulière, afin de se désaltérer et de s’équiper en vêtements plus chauds. Gants et bonnet sont effectivement indispensables en altitude.

 

A notre arrivée à l’ultime plateau dit de « Pasar Bubar » (2.600 m environ), guide et porteurs fixent les tentes. J’en profite pour me cacher derrière une énorme pierre et me protéger du vent glacé. Tente installée, j’entre à l’intérieur pour me réchauffer. J’ai à peine le temps de fermer les yeux que le guide annonce qu’il est temps d’entamer la toute dernière étape de l’ascension – celle supposée la plus difficile, afin de ne pas rater le lever du soleil au sommet!

 

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© Ari Saaski

 

Cette dernière étape commence en effet par du sable et des petits cailloux. J’avance d’un pas et recule de deux. Je me dis que ça ne va pas être possible, que je n’y arriverai jamais. Il y a de plus en plus de monde derrière moi. Chacun se déplace à la queue-leu-leu. Et j’ai pourtant l’impression de faire du sur-place. A quelques encablures du sommet, d’énormes roches volcaniques nous contraignent presque à de l’escalade. Heureusement que le guide est là pour m’aider. Je me retourne et vois « Pasar Bubar » quelques centaines de mètres plus bas. C’est vraiment haut. Ce n’est pas le moment d’avoir le vertige.

 

Enfin arrivée au sommet, je pousse un cri de joie. J’ai réussi ce défi. Je profite du superbe spectacle qui s’offre à moi. Le soleil commence lècher l’horizon. Je sors fièrement de mon sac à dos le drapeau aux couleurs de l’Indonésie et demande à mon ami de me prendre en photo, drapeau à la main.

 

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© Abraham Mudito

 

L’heure de la descente a sonné et le guide me prévient qu’elle est plus difficile que la montée. Il faudra faire attention, car ça risque d’être dangereux. Il a raison, c’est infernal! Je n’ai pas dormi de la nuit et la fatigue commence à se faire sentir. J’ai mal aux pieds et mes genoux tremblent. J’ai hâte de rentrer. Malgré le superbe panorama, je souffre et m’accroche à tout ce qui me tombe sous la main (branches, racines…) pour ne pas glisser.   Je demande sans arrêt au porteur qui m’accompagne si l’arrivée est proche. Le trajet me semble interminable et je suis sur le point de craquer.

 

Pourtant, au bout d’un peu moins de 4 heures de marche, j’aperçois « New Selo » au loin. Je souris j’y suis presque. Le pied à peine posé sur l’asphalte du parking, j’achète dans un warung un coca bien glacé pour me rafraîchir. C’est le certainement le meilleur élixir que je bois depuis longtemps !

 

Le guide nous récupère ensuite en moto et nous dépose chez lui. Sa femme nous a préparé un bon repas. Nous voyant bien rassasiés, Yoko en profite pour nous proposer de gravir le Merbabu une prochaine fois!   Sur le chemin du retour,  fatiguée mais heureuse, j’observe le volcan au loin. Malgré la difficulté et l’effort fourni, je sais à présent que le Merapi n’est pas mon premier et dernier volcan. Il y en aura d’autres, j’en suis certaine.

 

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Infographie réalisé par Jérémie Lebricon

 

Pour plus d’informations à propos de l’ascension c’est ici




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