Yogyakarta: La Prestigieuse Histoire de l’Hôtel Phoenix

Crédit Le Phoenix Hotel

Crédit Le Phoenix Hotel

 

Rencontre avec Thomas Evrard, directeur de l’hôtel.

 

Les murs qui abritent l’actuel hôtel Phoenix furent construits en 1918 et connurent plusieurs propriétaires successifs. Le premier était un riche Chinois, marchand d’épices, Kwik Djoen Eng.

En 1942, dès l’occupation japonaise, cette grande bâtisse de style colonial fut transformée en hôtel, le Yamato Hotel.

 

A la fin de la seconde guerre mondiale, entre 1946 et 1949, le Consul de Chine prend possession des lieux, et ce n’est qu’en 1951 que le Yamato Hotel devient l’hôtel Merdeka – qui signifie « hôtel liberté » en Indonésien. Le tout premier Président de la jeune République Indonésienne, Soekarno, en fera rapidement sa résidence régulière.

 

Plus tard, en 1993, le « Phoenix Heritage Hotel » ouvre ses portes et ses 66 chambres aux voyageurs. L’établissement change une nouvelle fois de nom en 1996: le Phoenix Hotel.

 

Et c’est en 2003 que le management de l’hôtel est confié au groupe français Accor, qui décide d’abord de l’agrandir et de l’aménager aux standards occidentaux, sous la bannière de la chaîne « Mercure ». Dans le but de préserver l’héritage historique des lieux, il est alors décidé de mettre en exergue les tonalités asiatiques et européennes, qui retranscrivent le charme unique de cette ancienne mansion coloniale.

 

Thomas Evrard

Thomas Evrard

 

Thomas Evrard, qui dirige l’hôtel depuis avril 2013, me reçoit et débute la conversation en retraçant rapidement son parcours professionnel.

 

Il a commencé à travailler dans la restauration, dès l’âge de 16 ans, et s’est ensuite formé plus avant à l’école de commerce de Toulouse. Il découvre Bali pour la première fois en 1995 et tombe rapidement sous le charme de l’Indonésie.

 

De retour en France, il crée des liens avec la communauté indonésienne de Paris, qui lui facilite l’obtention d’un stage chez un fabricant de cigares à Yogyakarta (dont l’usine date de la même année que l’hôtel Phoenix). Son immersion de quelques mois dans une famille indonésienne renforce sa passion pour le pays.

 

Sa carrière dans l’hôtellerie débute véritablement en Afrique équatoriale, où il aide à développer cette nouvelle industrie dans le tout premier véritable hôtel de la région.

 

Toujours amoureux de l’Indonésie, il postule plus tard pour un poste à Bornéo, mais se retrouve à Bali, où il restera 3 ans. Son parcours professionnel passera rapidement par Bangka, Jakarta et Lombok avant de prendre les rennes de l’hôtel Phoenix à Yogyakarta.

 

Ici, ses journées débutent en général vers 7h. Puis, vers 8h30, est organisé le « morning briefing », qui réunit chaque responsable des services. Il s’agit en effet de faire le point sur la journée écoulée et celle qui s’annonce, afin non seulement d’assurer une excellente communication entre les équipes de nuit et celles de jour, mais également de faire le point sur les clients et les groupes qui arrivent. C’est donc une réunion importante qui anime donc le travail quotidien.

 

L’après-midi est consacrée à des réunions plus poussées avec les différents managers, puis Thomas passe un peu de temps, quand il peut, à l’accueil personnalisé de clients fidèles, ou qui ont été signalés comme « vip » .
Thomas souhaite ensuite mettre en exergue sa technique de management dit « interculturel ». C’est à ce moment précis qu’il établit une grande différence entre son expérience africaine et son travail en Indonésie. La langue et la manière de travailler sont autres, ici, et il est donc important de s’adapter, afin d’optimiser les relations humaines. Sourire ou dire « bonjour » ne sont par exemple pas des réflexes aussi naturels dans toute l’Afrique, et Thomas se rappelle qu’il devait insister auprès de ses collègues pour qu’ils fassent preuve d’hospitalité. Presque tout le contraire de l’Indonésie où cette notion fait partie de la vie de tous les jours.

 

Par contre, la motivation n’est pas toujours « automatique ». La notion du temps est également différente et le directeur de l’hôtel doit composer, comprendre les us & coutumes du pays afin de rendre le travail plus efficace.

 

Avec le temps, Thomas a compris que l’essentiel est de s’assurer que chaque employé est motivé et de vérifier que ses instructions ont bien été comprises.

 

Conscient que perdre son sang-froid est mal interprété en Indonésie, il fait toujours attention à ne froisser quiconque.

 

Thomas est en tout cas un passionné et il conseille, à qui souhaite venir travailler dans ce fabuleux pays, de maîtriser au moins la langue anglaise et si possible l’Indonésien également. Après, il est clair qu’en Indonésie beaucoup d’imprévus peuvent arriver. Il s’agit alors de ne pas trop faire de « plans sur la comète ».

 

L’avantage de travailler dans un groupe comme Accor est qu’il est possible de débuter sa carrière en bas de l’échelle puis de monter en grade au fur et à mesure pour atteindre des postes tels que « manager d’hôtel ». Il est également important de « mettre les mains dans le cambouis » – même si l’on a fait de hautes études, c’est-à-dire de posséder une expérience des corps de métiers qui constituent l’industrie hôtelière. Accor – parmi les premiers groupes hôteliers mondiaux – est évidemment une très grande famille, qui permet de faire carrière partout dans le monde.

 

Bref, Thomas est conscient de la chance qu’il a de diriger l’hôtel Phoenix à Yogyakarta, et c’est la raison pour laquelle il met toute son énergie à promouvoir ses services, tout autant d’ailleurs que la culture javanaise qu’il semble chérir avec passion.




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