J’ai testé pour vous: Le Bahasa Indonesia

Chalky national flag of indonesia painted with color chalk on blackboard illustration

 

Il est presque 17h30 lorsque je pousse la porte de la salle de classe. J’ai cette désagréable impression que tous les regards vont se porter sur moi. Et, lorsque je rentre dans le champ de vision de mon professeur et de mes camarades, ma prophétie se réalise dans la fraction de seconde d’après. Je suis de nouveau en retard à mon cours d’indonésien!

 

Une souplesse qui s’achète…

 

Si, en France, on a généralement et légitimement le droit à des remontrances pour le non-respect des horaires, l’argent a, ici en Indonésie, pour grand avantage « d’acheter » le silence de mon professeur. Ajoutez à cela un zeste de culture javanaise qui privilégie souvent la fuite à toute forme de conflit ouvert, et n’oubliez pas la cerise sur le gâteau (c’est-à-dire mon statut « d’homme blanc » – ou Bulé pour les Indonésiens, probablement le facteur-clé), afin d’obtenir l’assurance de pouvoir participer au cours de manière systématique et sans esclandre. Ces sessions se déroulent toutefois en Anglais, et votre argent « achétera » difficilement un prof francophone (pour des cours d’Indonésien encadrés par des francophones, il faut se tourner vers l’IFI).

 

…Et qui s’achète cher

 

Il serait cependant erroné de conclure que toutes les formes d’enseignement fonctionnent en Indonésie de cette façon, dans la mesure où le « privé » est probablement plus enclin à ce type de pratique. Le contact avec les autochtones est certes nécessaire pour bien maîtriser la langue sur le long terme, mais l’acquisition des bases grammaticales (ou le Tata Bahasa, comme on les appellent ici) est tout aussi importante, et implique donc la présence d’un professeur expérimenté.

 

Bref, c’est sur un institut privé que mon choix s’est porté pour apprendre le Bahasa Indonesia, et, en tant que débutant, je me suis acquitté d’un peu moins de 10 € pour 60 heures de cours (répartis sur 10 semaines), qui incluent grammaire, vocabulaire et notions élémentaires de la culture locale, et ce dans une classe de 4 personnes. A ce tarif, il faut ajouter les frais d’inscription qui s’élèvent également à un peu moins de 10 €. Si vous souhaitez par contre des cours individuels, le tarif passe à un peu moins de 20 €.

 

Je précise que, si vous optez pour la formule la moins chère, il faudra être patient et attendre que la classe se remplisse pour pouvoir débuter les cours.

 

Je suggère en outre que vous inspectiez les lieux et vérifiiez les meilleures périodes avant tout engagement financier, car le taux d’absentéisme des professeurs peut être élévé, notamment pendant le Ramadan. Et puis, n’hésitez pas à discuter les tarifs, surtout si vous souhaitez prendre des cours particuliers. Si vous n’êtes en tout cas pas rassuré(e) sur la conformité de votre « contrat », vous allez alors vite comprendre le sens de l’expression tidak apa-apa (« tout va bien » ou « il n’y a rien de grave », « ce n’est pas grave »).

 

Tidak apa-apa?

 

Tidak apa-apa. Ce n’est effectivement pas grave, car, même si vous n’êtes pas habitué(e) à négocier, vous en aurez tout de même pour votre argent. Le personnel enseignant (même si issu du monde étudiant) est d’abord suffisamment qualifié pour transmettre les bases du Bahasa Indonesia, qui vous donneront accès plus tard aux subtilités de la langue. Le guru (le professeur) – souvent un Javanais (mais d’autres peuvent également être originaires du pays Toraja, voire même de Sumatra) – partagera avec passion sa propre culture, ce dans un Anglais très correct. Les salles de classes sont par ailleurs décorées d’objets ou d’images qui décrivent la variété des us & coutumes de l’archipel, et qui mettent donc en exergue l’intérêt de ces cours de langue.

 

5 niveaux sont d’ailleurs proposés, de « débutant » à « expert », puisqu’on y enseigne même du vocabulaire plus pointu et technique, relatif, par exemple, à la macro-économie, la politique ou les sciences sociales.

 

Le Bahasa Indonesia: première étape

 

Si maîtriser le Bahasa Indonesia semble vital pour bien communiquer au quotidien, il n’est cependant pas rare de rencontrer, dans les petits villages alentours, de rencontrer certains aînés qui ne parlent que Javanais. Et, si la devise de l’Indonésie, « Bhinneka Tunggal Ika » (littéralement: « l’unité dans la diversité ») est empreinte de Sanskrit et de vieux Javanais,  elle exprime surtout le fait que l’archipel est bien une mosaïque de peuples différents, chacun porteur d’une culture unique, d’une histoire et d’une langue qui s’entremêlent aux autres, tout en conservant leur propre identité.

 

Aussi, après le Bahasa Indonesia, n’hésitez pas à vous intéresser aux autres langues de l’archipel. Le Javanais par exemple?




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