Rencontre avec le photographe et street-artiste Vivien Poly

Installé en Indonésie depuis à peine plus d’un an, le photographe Vivien Poly est déjà devenu une figure de la scène street-art de Jogjakarta. Il présentera à partir du 5 mars une sélection de 20 portraits rapprochés lors de l’exposition “I will survive, in Java”, qui se tiendra à cheval sur deux lieux : le restaurant français “Mediterranea[1]”, et la boutique “Antiquités Gallery”, situés respectivement au 24A et au 47A jalan Tirtodipuran, dans le sud de Jogjakarta.

 

Retour sur un parcours aussi riche qu’inattendu.

 

Oeuvre 1 Vivien Poly

Préparation de l’exposition « I will survive, in Java »

 

En 1997, le bac en poche, Vivien se lance dans une classe préparatoire HEC, au terme de laquelle il poursuivra avec des études de commerce. Pourtant, il sent très vite qu’il n’est pas destiné à travailler dans une grande entreprise. Loin des codes de l’école de commerce, préférant les Santiags aux Weston, il s’investit à fond dans sa passion de l’époque : la musique.  Alors que la plupart des autres étudiants sont partis en stage à l’étranger, il profite de son année en entreprise pour  monter son groupe de musique avec deux acolytes de Sup de Co, et deux jeunes musiciens Montpelliérains. Une journée au studio, et le groupe sort une maquette de CD, entre jazz et funk. S’étant débrouillés pour faire du lancement du groupe leur projet professionnel, ils obtiennent un coach payé par l’école. Evoquant ce passé, Vivien la joue modeste et c’est plein d’autodérision qu’il se souvient de leurs “tableaux Excel complètement farfelus”, leur “projet professionnel qui n’a aucun sens” et leur précaire statut d’association loi 1901. Et pourtant,  la mayonnaise va prendre très vite. Ils font la tournée des festivals de jazz, le CD est bientôt disponible à la Fnac, et restera même pendant deux semaines numéro 1 des disques vendus en dépôt-ventes à la Fnac Champs-Elysées.

 

Oeuvre 2 Vivien Poly

« La fille de Grand Chef »

 

Mais la remise des diplômes arrive,  le groupe s’éparpille, les priorités changent. Vivien sent que la musique restera pour lui plus un passe-temps qu’un vrai métier.  Lassé de la guitare, il monte à Paris et devient agent-booker pour des musiciens de jazz. Enchainant les petits boulots, il rencontre “tous les mecs du jazz à Paris” et s’envole jusqu’à New-York d’où il revient avec un contrat d’enregistrement d’un morceau de jazz pour la compositrice avec qui il travaille. Re-New York, enregistrement de la chanson avec les musiciens locaux. Des salles de concert aux studios, Vivien documente tout, et sa caméra devient sa plus fidèle compagne.

Puis arrive le “vrai boulot”, plus stable, mieux payé, lorsque Vivien devient chargé de production pour Antoine Hervé, grand pianiste français. Le côté “cross-over”, le mélange des genres, les projets à la croisée du jazz, de la musique classique et de la musique contemporaine, Vivien adore. Il nous raconte avec les yeux d’un gosse émerveillé sa première mission avec le pianiste, et comment ils se retrouvèrent dans un théâtre en Bretagne pour un enregistrement mêlant entre autres un quatuor à corde et “les pontes de la cornemuse”.

 

Oeuvre 3 Vivien Poly

Exposition” 1+1 is 3” en collaboration avec Isrol Medialegal  à Kebun BIBI

 

Le temps passe, et après avoir longtemps travaillé pour les autres, le moment semble venu pour Vivien de se recentrer sur un projet à lui. C’est à ce moment-là qu’un ami producteur lui parle d’un projet de documentaires de voyages réalisés par des amateurs. Connaissant le personnage, l’ami en question suggère à Vivien d’orienter le film autour de la nourriture… Voilà une mission taillée pour lui! C’est ainsi qu’il se retrouve à arpenter la Chine avec sa caméra pour seule compagnie, et ses papilles pour seule boussole. 4000 kilomètres plus tard, il obtient enfin assez de rushes pour commencer le montage de 4 épisodes qui seront diffusés sur les chaines VOYAGE et FRANCE Ô. Piqué par la mouche du voyage, après la Chine, Vivien, toujours caméra au poing, s’attaque à l’Afrique dans la série documentaire « Food Trip & Rock’n’Roll » produite par Bonne Pioche. Dans toutes ses péripéties, la nourriture n’est pour lui “qu’un prétexte”. Ce qui l’intéresse, ce sont les gens. Ce qu’ils ont dans leurs assiettes n’est qu’une excuse pour aller discuter avec eux, et tenter de mieux comprendre leur vie.

Mais Vivien n’est pas aussi à l’aise en Afrique qu’il ne l’était en Chine. Ayant passé son adolescence à Hong-Kong où il était scolarisé au lycée français, il avait l’impression en sillonnant la Chine “de retourner au pays”. L’Afrique est autrement plus déroutante.

Et puis, il sent qu’il a “fait le tour de l’outil vidéo”. Arrive alors 2013,  année charnière s’il en est pour Vivien qui s’offre son premier appareil photo. C’est le déclic. Plus instantané, moins contraignant que la vidéo, Vivien “tombe dingue” de la photo. Six mois plus tard, un autre évènement va bouleverser sa vie : Adam, son premier enfant, pointe le bout de son nez. Le petit Adam a tout juste un an et demi quand Vivien et sa compagne Alexandra, alors installés à Paris, partent en voyage en Indonésie, “à la cool”, sac sur le dos et poussette devant.

 

Oeuvre 4 Vivien Poly

Vivien Poly en train de réaliser un collage

 

Ils passent trois jours à Jogjakarta, dans un homestay tenu par des street-artistes. Ils se sentent bien dans cette ville-campagne dont le côté artistique est palpable à chaque coin de rue. Premier soir à Jogja, première occasion pour Vivien d’expérimenter ce qu’il rêvait de faire en Asie: le collage urbain, une technique de collage photographique sur les murs, à partir de photos imprimées à moindre coût en mode photocopie.

 

Quelques semaines plus tard, à leur retour en France, Vivien travaille sur ce qu’il considère comme  ses premières véritables photos. Alexandra vient d’arrêter de travailler, et lui est photographe indépendant. Fatigués de la vie de la capitale, ils ont un furieux besoin d’ailleurs, et une idée commence à germer… Pourquoi ne s’installeraient-ils pas à Jogja? Ils murissent cette réflexion pendant un an puis reviennent à Jogja début 2016 pour s’y installer.

 

Vivien renoue le contact avec les communautés street-art. Puis un jour, un ami artiste, Anagard[2], l’appelle pour lui proposer de participer à un évenement organisé dans un quartier au bord du fleuve Kali Code. Le thème? Le plastique. Après une opération symbolique de nettoyage des rives, une poignée de street-artistes réaliseront un mural collectivement.  L’occasion est trop belle. Deux jours plus tard, Vivien faisait son premier collage sous son bientôt célèbre nom d’artiste : Plastic Overdose. Une immense photo noir et blanc de 4 mètres sur 3 représentant deux personnes avec un sac plastique sur la tête. Vivien savait en arrivant à Jogja qu’il voulait y faire du street-art, mais “quitte à faire des collages, autant que cela serve à quelque chose”. Marqué par le tsunami de plastiques qui envahit la ville, il décide d’en faire son combat.

 

Oeuvre 5 Vivien Poly

Old man from kali Code – Collage Sauvage

 

La magie des réseaux sociaux opère très vite : “ici, ce qui est génial, c’est que tu fais deux ou trois choses, tu lèves le petit doigt, et les autres artistes voient tout de suite ce que tu as fait, et ils t’invitent”. Vivien commence à collaborer avec d’autres communautés, et multiplie les projets. On lui propose de venir coller ou exposer ses photos dans des homestays, des restaurants, des espaces culturels.

 

Il initie également quelques workshops, dont l’un à Geneng Street Art Galeri, qui organise notamment le Geneng Street Art Festival[3]. Après avoir nettoyé les alentours des sacs plastiques environnants, Vivien a invité la vingtaine de participants à poser dans des mises en scènes surréalistes et absurdes; sacs plastiques sur la tête, l’ambiance est ludique et décontractée. Vivien veut sensibiliser, mais il le fait sans leçon de morale et sans grand discours. Toujours par l’humour, en privilégiant la créativité et surtout en évitant la culpabilisation.

 

Parmi ses projets, celui de développer une communauté qui réfléchirait à des solutions concrètes aux problèmes posés par les sacs plastiques à Jogjakarta. La théorie ne l’intéresse pas, il préfère les actions de terrain. Plutôt que de rester dans le monde cloisonné des galeries d’art, il imagine une communauté qui s’inscrirait dans la vie quotidienne d’un village, qui aurait, comme par exemple le centre culturel Sesama[4], “l’intelligence de s’inscrire dans le quartier”.

 

Plastic Overdose n’est pourtant qu’une des facettes du travail de Vivien. Les tirages photos qu’il expose en galerie, pour la plupart des portraits rapprochés, Vivien les signe de son vrai nom : Vivien Poly. C’est un tout autre travail. Une exposition photo demande du temps pour trouver la photo avec l’émotion juste, sélectionner celles qui correspondent au lieu dans lequel elles seront exposées et réfléchir au sens qu’il veut leur donner. Cela demande aussi une certaine prise de recul sur son travail pour pouvoir formaliser ses idées par écrit.

 

Oeuvre 6 Vivien Poly

“La fille au bord de l’eau”.  Collage sauvage dans une galerie abandonnée à Kasongan

 

Tout le contraire des collages dans la rue, qui offrent une liberté et une spontanéité  totales, que l’on ne peut se permettre en galerie. Pourtant, loin d’entrer en opposition, ces deux facettes du métier sont totalement complémentaires et se nourrissent mutuellement. Avec Vivien, les tirages photos les plus travaillés finissent souvent collés sur un mur, et les collages se retrouvent à leur tour mis en scènes et photographiés, comme cette petite fille en noir et blanc collée sur le mur d’une maison qui se reflète dans la flaque d’eau au sol. Pas de frontière figée, donc, mais un va-et-vient continu, tel un jeu de miroirs qui renvoient indéfiniment en la modifiant l’image originale.

 

Plastic Overdose dans la rue, et Viven Poly en galerie, donc? Pas si simple. Il y a aussi les collages qu’il fait, mais qu’il ne signe pas, et qui finalement sont peut-être ceux qui en disent le plus sur lui : alors que nombre d’artistes des rues étalent en gros leur nom de scène, parfois même pour n’écrire que lui, il arrive à Vivien de ne pas signer ses œuvres. Comme ce fut le cas pour le collage de cette petite fille, pourtant l’un de ses préférés. C’est que pour Vivien, “le nom, ce n’est pas ce qu’il y a de plus important. Ce qui est important, c’est la photo, c’est l’œuvre. J’espère que la photo peut parler d’elle-même.”

 

Marchant depuis toujours hors des sentiers battus, il semble bien que Vivien ait trouvé sa voie. S’il a eu plusieurs vies avant la photo, ce sont toutes ses expériences qui l’y ont conduit,  doucement mais surement. Et finalement, c’est peut-être via la photographie que Vivien arrive le mieux à s’effacer pour faire ce qui l’anime: aller à la rencontre des autres, et tenter de les comprendre.

 

 

Pour en savoir plus sur le travail de Vivien Poly :

 

https://www.artphotolimited.com/galerie-photo/vivien-poly

ou

https://web.facebook.com/vivien.poly

 

Quelques vidéos des oeuvres street-art de Vivien :

 

Projet de collaboration avec Isrol Medialegal à Kebun BIBI : https://youtu.be/pI4_DWCMeW8

 

Avec Alex aka « Sainte Opportune » à Jokja Apparel :  https://youtu.be/1oRzd6JdXMs

 

COLLABORATION « Voice of Wall » avec divers street artistes de Jogja (sur instagram)

Profil Instagram officiel

 

[1] Pour plus d’information : http://www.restobykamil.com/

[2] Pour en savoir plus sur le travail d’Anagard : https://web.facebook.com/Anagard-Street-Art-680137488738103/

[3] Pour en savoir plus sur le Geneng Street Art Project : https://www.facebook.com/Geneng-Street-Art-Project-513199322130979/

[4] Pour en savoir plus sur Sesama : https://web.facebook.com/Sesama

Abdi Dalem

procession d'abdi dalem

Rencontre avec… RM.Ng Irawan Gondho Asmoro (Iwan), Abdi Dalem Anon-Anon à Surakarta

 

Qu’est-ce qu’un Apdi Dalem?

Un Abdi Dalem est une personne qui dédie sa vie au sultan.Les Abdi Dalem ont souvent une aptitude particulière pour la musique, pour la danse, ou en tant que dalang par exemple.Pour ceux qui n’ont pas d’expertise particulière, il peuvent aider en nettoyant ou en entretenant les bâtiments du kraton. Un abdi dalem est une personne qui aide le sultan en participant aux activités et aux cérémonies du kraton ou en prenant soin et en entrenant le palais. Les salaires des abdi dalem sont plutôt faibles, plus faibles encore à Jogjakarta qu’à Solo. D’ailleurs à Jogjakarta, la plupart des abdi dalem sont volontaires, et n’ont pas de salaires. Il y a deux catégories d’abdi dalem: Les Abdi Dalem Punokawan, et les Abdi Dalem Keprajan. Les Abdi Dalem Punokawan doivent se rendre quotidiennement, ou tous les deux ou trois jours au Kraton, selon l’emploi du temps fixé par le Kraton. En général, ce sont eux qui sont rémunérés. Les Abdi Dalem Keprajan sont des personnes qui sont imprégnées de la philosophie javanaise, « jiwa jawi ». Les Apti Dalem Keprajan ont deux principales fonctions. Ils participent à l’entretien du palais, et s’ils ont une aptitude particulière, comme la danse par exemple, ils vont pouvoir la mettre à profit pour l’intérêt du Kraton.

 

Si le salaire est si bas, pourquoi tant de gens veulent servir le Kraton?

Beaucoup de javanais, en particulier à Jogjakarta, pensent que le sultan est désigné par Dieu, c’est donc une personne sacrée et très respectée, au sens premier du terme. Le Sultan est le maître spirituel du monde des humains. Ainsi, pouvoir participer au fonctionnement du Kraton, est considérée comme quelque chose d’extraordinaire. En étant abdi dalem, ils acquièrent la bénédiction du Sultan, et cela les rend sereins, même s’ils n’ont pas un salaire important. Pour diverses raisons, notamment politiques, la volonté de servir le Kraton et le sentiment de loyauté envers le Sultan est plus fort à Jogjakarta qu’à Solo (Surakarta)

 

Existe-t-il des différences entre les abdi dalem de Solo et ceux de Jogja?

Les Abdi Dalem à Jogja et à Surakarta ont les même tâches, le même rôle dans le Kraton. Seule leur appellation diffère. A Surakarta, les Abdi Dalem Punokawan sont appelés Abdi Dalem Tanggap, et les Abdi Dalem Keprajan sont appelés Abdi Dalam Anon-anon. A Solo, il y a deux Kraton, le Kraton Mangkunegaran et le Kasunangan. Certains abdi dalem participent aux activités des deux keraton, certains sont abdi dalem uniquement pour l’un ou l’autre des keraton.

 

Comment devient-on Abdi Dalem?

Si on compare Jogja et Solo, la procédure est plus simple à Solo, car à Solo la sélection est moins drastique qu’à Jogja. Il faut d’abord écrire une lettre de candidature en expliquant que l’on veut devenir Abdi Dalem, et quelles sont nos motivations. Il y a ensuite un test pour évaluer notre connaissance de la culture javanaise, du Keraton, et c’est après ce test que l’on saura si l’on est apte ou non à devenir Abdi Dalem. A Jogja, le test est plus difficile. Les questions portent sur le Kraton, sur le Tugu sur les mythes et l’imaginaire javanais, sur la mer du Sud. Il faut savoir combien d’arbres sont plantés devant le Keraton, et ce que cela symbolise.

 

Pourquoi as-tu souhaité devenir Abdi Dalem?

J’ai besoin d’un lieu, d’un endroit où je puisse exprimer mon sentiment d’appartenance à la culture javanaise. Je participe toujours aux rituels ou aux cérémonies qui ont lieu dans le Keraton.

 

En ce moment se déroule la cérémonie de Sekaten. En quoi cela consiste-il?

Sekaten est une cérémonie rituelle qui a lieu la semaine de la naissance du prophète Mohammad. Le gamelan est installé dans la cour de la mosquée pour faire venir et se réunir les gens à la mosquée. Pendant sept jours, le gamelan est joué sans interruption. Plusieurs morceaux sont joués les uns à la suite des autres, en boucle, et cette répétition de musique sonne comme une prière. De la nourriture spéciale est cuisinée à cette occasion. A Solo par exemple, ce sont les œufs de canards salés. Après avoir joué du gamelan pendant sept jours, a lieu la dernière procession, qui clôt la cérémonie. Les membres du Kraton vont offrir des « gunungan » (montagnes). Il y a deux types de gunungan: gunungan lanang, qui est constituée de légumes, de plantes… et gunungan wadon, constituée de spécialités culinaires de Solo comme les rengginan (du riz grillé au soleil sous la forme de galette), des onde-onde ceplis (petites boules sucrée à base de farine de blé recouvertes de graines de sésame), etc. Les gunungan portées par les abdi dalem débutent la procession de l’intérieur du palais. La procession va du palais à la mosquée, Masjid Agung pour Surakarta, Masjid Gedhe pour Jogjakarta. Les gunungan reviennent ensuite au Kraton, si elles n’ont pas été dépecées par la foule.

 

Où as-tu appris tout ce que tu sais sur la culture et la philosophie javanaise?

J’ai appris en me rendant régulièrement au Keraton. Il y a aussi de temps en temps des émissions et des discussions sur ce sujet à la télévision.

 

Quand la Gastronomie Française s’Invite à Yogyakarta

Paris-Borobudur © Farida T.

Paris-Borobudur © Farida T.

 

Pour la deuxième année consécutive, le festival « Goût de / Good France » fut organisé sur les 5 continents, afin de fêter l’arrivée du printemps… et la gastronomie française! 1.700 chefs étaient concernés et leur objectif était de partager et d’échanger autour d’un repas gastronomique typiquement français, qui fait à présent partie du patrimoine immatériel de l’UNESCO..

 

A Yogyakarta, deux chefs furent sélectionnés par un comité de prestige présidé par Alain Ducasse. Iwan Darmawan (du Paprika – Phoenix Hotel) et Camille Massard-Combe (Mediterranea) ont donc rivalisé d’imagination pour proposer des plats à-la-française (pour tous budgets), qui utilisent des produits frais, de saison et issus du terroir local.

 

C’est ainsi que le chef indonésien nous servit quelques recettes françaises assorties de sa touche indonésienne, dont un succulent Wonton Swikee (ravioli de grenouilles) et une version toute javanaise du fameux Paris-Brest en dessert, soit un « Paris-Borobudur », en forme de stupa!

 

Chef Iwan Darmawan Photo © Farida T.

Chef Iwan Darmawan Photo © Farida T.

 

Quant à « Kamil » (doux surnom dont est affublé notre chef français), Il nous proposa un sublime confit de canard, des sablés bretons et un mille-feuilles bien ce chez nous!

 

En dehors du partage et de l’échange, il s’agissait en effet d’expliquer au monde entier que le repas, en France, est un moment très important de la journée, car c’est autour d’une bonne table que le terme « convivialité » prend tout son sens. Et la deuxième « saison » de « Goût de / Good France » fut exceptionnelle car 22 restaurants y participèrent en Indonésie (contre 15 l’an dernier).

 

Bref, j’ai évidemment apprécié cette initiative qui a permis à de nombreux indonésiens d’en apprendre d’avantage sur les traditions culinaires françaises, et qui m’a permis de me « sentir » en « Gaule », l’espace d’un moment.

Coutume, Religion et Politique Chez les Toraja à Sulawesi-Sud (extrait) Frank Michel]]>

Tana Toraja - Falaise de Lemo Tau Tau

Tana Toraja – Falaise de Lemo Tau Tau Photo © Dominic C

 

En Indonésie orientale, les Toraja Sa’dan résident essentiellement dans le département (kabupaten) qui porte leur nom (Tana Toraja, également contracté en Tator, ce qui signifie « Terre des Toraja ») et qui se situe dans la province de Sulawesi-Sud. La colonisation hollandaise s’est imposée tardivement (1905-1907) dans cette région montagneuse, isolée et difficile d’accès. Mais l’évangélisation connut un succès, certes lent, mais durable, en partie due à la présence de puissants voisins musulmans. Si les conflits interconfessionnels furent nombreux, le syncrétisme religieux constitue aujourd’hui une réalité quotidienne, rassemblant notamment les chrétiens (protestants, catholiques, pentecôtistes…), les musulmans et les derniers pratiquants des cultes autochtones. Le rapide essor du tourisme a ébranlé les valeurs et les habitudes des villageois. Il a aussi permis aux habitants de gérer alternativement leur futur, leurs politique et économie locales, ainsi que d’affirmer leur identité culturelle. Les croyances religieuses autochtones exigent un investissement considérable et relèvent d’un mode de vie et de pensée en lien étroit avec la « voie des ancêtres ». La majorité des Toraja sont aujourd’hui chrétiens mais, en dépit des conversions et des changements socioculturels irrémédiables – notamment ceux conférés par l’ingérence de l’État indonésien, de la mondialisation et du tourisme international dans les affaires locales – qu’ils connaissent depuis quelques décennies, les faits culturels et religieux continuent d’occuper un rôle essentiel comme le montrent par exemple les cérémonies funéraires traditionnelles. Le monde des Toraja se divise en deux sphères distinctes ainsi que les ont fixées conjointement la coutume (ada’ ou adat) et la religion (aluk ou agama) :

 

1 2
L’Est L’Ouest
Le matin Le soir
Les rites propitiatoires

(Rambu Tuka’)

Les rites funéraires

(Rambu Solo’)

 

Les fêtes toraja attirent et fascinent les touristes autant que les autochtones. La mise en tourisme de la société n’occulte pas encore la ritualisation du spectacle de la mort

 

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Extrait du livre « En route pour l’Indonésie » de Franck Michel

 

 

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LGBT en Indonésie ou la Difficile Condition des Laissés-Pour-Compte de la Démocratie Nouvelle

Manifestation Anti-LGBT Photo © Farida T.

Manifestation Anti-LGBT Photo © Farida T.

 

Il y a quelques semaines, un ami proche m’a prévenu qu’une manifestation anti-LGBT (pour « Lesbiens, Gays, Bi-sexuels & Transgenres ») se préparait pour le lendemain, et m’a conseillé de faire attention en cas de sortie. Il fallait éviter les places publiques, ou le magasin Mirota sur l’avenue Malioboro,  et même le restaurant House of Raminten, car son propriétaire est connu pour ses spectacles transgenres.

 

Ce jour-là, malgré les recommandations de mon ami, je me mis à la recherche d’informations sur le net afin de déterminer le lieu exact de la manifestation à venir.

 

Sentiment très étrange, car, naïvement, j’ai toujours pensé qu’on avait l’habitude de « tolérer » ou simplement « laisser tranquille » la communauté LGBT en Indonésie. À Yogyakarta, j’avais à plusieurs reprises assisté à des spectacles de cabaret par des transgenres, tout  comme en Thailande.

 

J’avais également remarqué qu’il y a beaucoup d’hommes qui ne cachent pas leur part de féminité. Ils ne déclarent par contre jamais publiquement leur homosexualité, voire leur transsexualité. C’est évidemment une question sensible, car toujours taboue dans ce pays resté malgré tout très conservateur. À la télévision, il arrive pourtant que des travestis se produisent devant un public généralement hilare.

 

Dikdik Nini Thowok, danseur transgenre et comédien – qui vit à Yogyakarta –  en a d’ailleurs fait sa spécialité. J’ai eu l’honneur de le rencontrer récemment, et je conseille de lire le dernier article en français qui lui est consacré, dans lequel l’artiste raconte son parcours et son point de vue sur l’Indonésie.

 

Bref, tout ce tohu-bohu commence lorsque un ministre annonce, il y a quelques semaines, sa volonté d’interdire toute activité pro-LGBT dans les campus indonésiens. Il va sans dire que cette nouvelle a rapidement fait l’effet d’une bombe, surtout lorsque des voix religieuses et politiques en ont profité pour protester contre la communauté LBGT. La seule école coranique du pays qui accueille des transsexuels à Yogyakarta a par exemple été fermée de force peu après ces protestations.

 

Le KPI, le Conseil Supérieur de l’Audiovisuel indonésien, surveille désormais les opérateurs téléphoniques et les médias et n’hésite pas à les sanctionner s’ils ne respectent les nouvelles réglementations qui leur imposent dorénavant de ne plus diffuser aucune émission ou message liés aux LGBT. Cette même commission a en outre demandé aux services LINE (applications de messagerie instantanée) de supprimer tout emoticon à l’effigie des gays et lesbiennes!

 

C’est donc sur Twitter que j’ai appris que le rassemblement se déroulerait au carrefour du monument Tugu, en centre-ville. Je m’y précipitai donc et réalisai que des centaines de personnes m’avaient devancée, qui manifestants, qui journalistes, qui photographes, voire badauds. Ces manifestants, représentant plusieurs partis politiques ou groupements civils, brandissaient des banderoles assez explicites et provocatrices à l’encontre de la communauté LGBT.

 

Manifestants Anti-LGBT Photo © Farida T.

Manifestants Anti-LGBT Photo © Farida T.

 

Un journaliste et un activiste m’expliquèrent alors que la manifestation n’avait pas encore débuté, car les leaders n’étaient pas encore arrivés sur place.

 

Au même moment, un autre rassemblement, pro-LGBT cette fois-ci, tenta de se mettre en oeuvre, mais il fut vite dispersé par la police, qui souhaitait, expliqua-t-elle plus tard, éviter  toute confrontation…

 

J’en profitai tout de même pour photographier les anti-LGBT, qui posaient fièrement. A mes questions, ils répondirent sans ambages qu’être gay est contre nature, que l’être humain n’est pas un animal et que, de toute façon, l’homosexualité était mauvaise pour l’équilibre des enfants!

 

Manifestants Anti-LGBT Photo © Farida T.

Manifestants Anti-LGBT Photo © Farida T.

 

Plus tard, à l’arrivée de l’un des leaders de la manifestation, debout sur la benne de son pick-up et un haut-parleur en main pour déblatérer son discours de haine, je me souviens que mon sang s’est rapidement glacé: placée aux premières loges, je l’entendais en effet expliquer à la foule que l’homosexualité est une dérive, comparable à de la bestialité! Galvanisée par ce discours, la meute de manifestants s’excita d’avantage, et, craignant que la situation ne dégénère et tout autant écoeurée par ces comportements homophobes, je décidai de quitter les lieux.

 

La manifestation s’est somme toute terminée sans encombres ni violence, et on peut à présent apercevoir, un peu partout dans Yogyakarta, des panneaux et bannières qui dénoncent la communauté LGBT. Et, même si l’homosexualité et la transsexualité ne sont pas illégales en Indonésie, je crains tout de même que l’intolérance gagne du terrain dans un avenir proche.

 

Et vous, que pensez-vous de ces nouveaux comportements d’intolérance en Indonésie? N’hésitez pas à nous faire par de vos propres expériences et/ou commentaires à ce sujet.

Le Clin d’Oeil Indonésien du 11/03/16: Combat

En Indonésie, la communauté LGBT n'est plus reconnue comme l'égal de l'Homme!

En Indonésie, la communauté LGBT n’est plus reconnue comme l’égal de l’Homme!

Rencontre avec Omri Ben-Canaan, Fondateur du Site Bedforest.com

Omri Ben Canaan Photo

Omri Ben Canaan Photo

 

Chroniques d’Indonésie (CI): Je vous remercie de vous présenter et de décrire votre parcours professionnel.

 

Omri Ben-Canaan (OBC): J’ai 41 ans, et je suis Français, originaire de Paris. Mon premier séjour à Bali remonte au début des années ’90s, puis j’ai vécu deux ans entre l’Australie, le Japon et l’île des Dieux. Mon père était en effet un entrepreneur de meubles, basé à Bali. Je suis ensuite rentré en France, où j’ai travaillé dans le cinéma et la publicité. Je dirigeais une agence de casting et j’avais également monté une start-up.

 

Il y a environ 5 ou 6 ans, le soleil et les voyages commençaient à me manquer tellement que je décidai de revenir à Bali, d’abord par tranches de deux semaines, car il était difficile d’y exporter mon agence de casting. Et puis, j’ai eu l’idée de créer Bedforest.com, un site de location d’hôtels et de villas, à la fois pour les voyageurs étrangers et les Indonésiens (raison pour laquelle le site est en trois langues: Anglais, Français et Indonésien). Les débuts furent difficiles, car la société informatique qui nous a aidé à créer le site n’était pas à la hauteur. Du coup, je décidai de tout reprendre à zéro, au bout de deux ans, et je n’ai donc relancé le site qu’il y a un peu plus de 6 mois. Entre-temps, j’ai monté une société immobilière avec deux associés, 01Islands à Sumba. Le but est d’acheter des terrains, notamment des plages, afin de les revendre. C’est cette société qui me fait vivre et qui me permet donc de développer bedforest.com.

 

CI: Quel est le véritable concept de Bedforest? Qu’est-ce qui le différencie d’autres plateformes telles AirBnB ou Booking.com?

 

OBC: Tout le monde nous compare évidemment avec AirBnB, car notre site est similaire, mais nous tentons d’attaquer ce business sous un angle différent. D’une certaine manière, Bedforest est une sorte de mélange entre AirBnB et Booking.com, mais avec la touche humanitaire en plus. Et c’est ce à quoi je tiens beaucoup. Quand un voyageur réserve par le biais de notre site, il choisit également une association caritative (parmi une liste proposée) à laquelle sera reversé 1% du montant total de la transaction.

 

Cette idée m’est venue après de nombreux voyages en Afrique et en Asie, pendant lesquels de nombreux voyageurs rencontrés se demandaient comment ils pouvaient venir en aide à la population locale. Bref, l’idée est de permettre à ceux qui le souhaitent de passer de bonnes vacances dans un pays en voie de développement, tout en contribuant au bien-être de la population locale ou à la protection de la nature. Ce d’une manière « indolore », car je pense que les gens ont toujours du mal à sortir leur chéquier. Avec nous, tout est inclus dans le tarif, qui reste d’ailleurs compétitif, car ce sont les propriétaires des hôtels et/ou villas qui nous commissionnent. Le client paie donc le prix affiché.

 

Vous l’avez compris, Bedforest permet à nos clients de réserver chambres d’hôtel et/ou villas dans un contexte dit de « tourisme responsable ». Le site a été mis en ligne en juillet 2015, et nous sommes conscients qu’il va falloir travailler dur pour arriver à un équilibre financier. Notre équipe est composée d’une quinzaine de collaborateurs, en majorité indonésiens. Ceci est très important. Nos bureaux étant basés à Bali, nous proposons un suivi complet, depuis la réservation jusqu’au séjour en lui-même et à son retour dans son pays d’origine.

 

CI: Pourquoi le nom « Bedforest »?

 

OBC: l’astuce est dans le jeu de mots: « bed for rest ». Au début, j’avais dénommé le site 01Rental – assez moche, je dois le reconnaître, puis, après être passé par trois ou quatre autres noms, je suis tombé sur Bedforest, qui sonnait bien et qui correspondait à ce que je cherchai. J’aimais l’idée du lit et du côté « écolo » de « Forest ». Après une petite enquête dans mon entourage, « Bedforest » fut adopté d’autant plus rapidement que je me suis rendu-compte que les gens le retiennent facilement.

 

CI: Un premier bilan?

 

OBC: Aujourd’hui, le site fonctionne, car nous recevons des réservations. Derrière nous sont les 18 mois de développement et les deux ans de galère avec la société informatique dont j’ai parlé tout à l’heure. C’est la raison pour laquelle j’ai enfin décidé d’engager des développeurs et de tout recommencer. Cela a pris du temps et de l’argent, mais ma société immobilière a permis de financer tout cela.

 

CI: Quel avenir pour votre société?

 

OBC: Notre objectif n’est pas forcément de devenir les meilleurs à Bali, car le marché est déjà saturé, mais nous souhaitons accéder à un marché plus confidentiel – au gros potentiel, c’est-à-dire celui de toutes les autres îles de l’archipel (en dehors de Bali). J’ai en effet remarqué, lors de mes voyages, qu’Internet est tout nouveau dans de nombreuses régions et que beaucoup d’hôtels en sont toujours à recevoir leurs réservations par téléphone ou sms. Nous souhaitons mettre notre plateforme à disposition de ces entités, afin qu’elles aient accès à un marché plus important. Et là, notre ambition est effectivement de devenir numéro 1 sur ces marchés secondaires.

 

Afin de promouvoir l’archipel dans son entièreté, nous avons mis en place des pages d’information touristique sur notre site. Nous allons également intégrer un forum, ainsi que d’autres modules, progressivement. Pour l’instant, notre catalogue se concentre sur Bali, Sumatra, Sulawesi, Sumba, et même les Raja Ampat.

 

Notre stratégie à propos des marchés secondaires est également dictée par les moteurs de recherches, car il est de plus en plus difficile d’arriver en tête de Google avec le mot-clé « Bali ». Nous travaillons donc sur d’autres mots-clés, plus « faciles » à référencer. Pour vous donner une idée, Booking & Agoda font partie d’un même groupe qui dépense 200 millions de dollars chaque année pour être en tête des moteurs de recherche. AirBnB dépense, quant à lui, 60 millions de dollars. C’est un peu David contre Goliath face à ces géants de l’Internet, nous cherchons donc à nous positionner sur des marchés différents.

 

CI: Autre sujet à présent: est-il facile d’entreprendre en Indonésie?

 

OBC: Les rouages administratifs prennent beaucoup de temps en Indonésie. Les lois changent également très rapidement, pas toujours dans le bon sens. Mais, une fois que ces obstacles sont surmontés, il n’y a plus qu’à payer ses impôts… Plus sérieusement, il n’y a que le démarrage qui est long et parfois complexe, et il faut donc être patient. En France ou à Singapour, par exemple, le montage d’une société est plus rapide. Ce n’est donc pas demain que l’Indonésie déroulera le tapis rouge aux investisseurs étrangers. Je pense en effet que le système indonésien est resté très archaïque, et n’est donc pas adapté au monde économique d’aujourd’hui. Tout le monde sait que c’est juste un problème de lourdeur administrative, et nous espérons donc que le gouvernement actuel du Président Jokowi tiendra ses promesses d’une économie plus ouverte et plus efficace.

 

CI: Quels sont les avantages d’entreprendre en Indonésie?

 

OBC: hormis les quelques points noirs que je viens d’évoquer, il est évident qu’il est très agréable de travailler à Bali. La qualité de vie est incroyable et la location de bureaux relativement bon marché. L’Internet haut-débit est par contre très cher, mais relativement fiable.

 

Rien à voir avec Bedforest, mais je suis à la tête d’une petite communauté locale et étrangère de « geeks », qui s’appelle « BaliStartupers ». Notre page Facebook est très active et nous organisons des rencontres régulièrement. Je veux dire par là que Bali a un avenir prometteur dans le domaine de l’Internet. J’ai presque envie de surnommer l’île des Dieux la Silicon Bali! Il y a en effet un véritable engouement de la part de nombreux techniciens étrangers pour s’installer à Bali et un marché de l’Internet est en train de se créer. Nous n’en sommes qu’au début, mais j’entends bien profiter de cette nouvelle pépinière de talents.

 

CI: Est-ce facile de trouver des développeurs compétents en Indonésie?

 

OBC: Je ne vous surprendrai pas en affirmant que c’est évidemment difficile. Certains étrangers le sont, mais ils coûtent chers, et les problèmes administratifs liés à l’obtention des titres de séjour et des permis de travail restent des freins. La solution que j’ai trouvée est d’avoir engagé un développeur expérimenté, originaire de Jakarta, afin qu’il forme des Balinais débutants. Pour le long terme, je pense en effet que c’est la meilleure alternative économique.

 

J’aimerais en fait que le marché se développe rapidement, afin que je puisse trouver des « talents » informatiques plus facilement, et c’est l’une des raisons pour laquelle j’ai créé la communauté « BaliStartupers ». J’avoue d’ailleurs que j’ai longtemps pensé à m’établir à Jakarta ou Singapour. Bedforest est en tout cas composée pour l’instant de deux équipes: un pool de développeurs, et un pool marketing.

 

Le bureau de Bedforest

 

CI: Est-il agréable de travailler à Bali?

 

OBC: J’ai tendance à beaucoup travailler, car j’aime ce que je fais. Je ne compte donc pas mes heures et cela reste agréable, car le personnel est assez bon marché: je peux donc déléguer plus facilement toutes les tâches rébarbatives. Cela me permet aussi de me concentrer sur ce qu’il y a de plus important et donc d’avancer plus vite et plus efficacement.

 

Idem pour ma vie privée: le fait de pouvoir engager femme de ménage et/ou jardinier me permet de mieux apprécier ma vie de famille. La possibilité d’optimiser son temps en délégant de nombreuses tâches à d’autres rend donc la vie très agréable à Bali. Ce qui ne fût par exemple pas le cas lors de mes séjours en Australie, au Japon ou en France.

 

Il y a en outre de nombreuses possibilités d’activités à Bali. La circulation, qui est de plus en plus difficile, ne facilite certes pas les choses, mais il ne suffit pas d’aller loin, à Bali, pour s’occuper. J’aime en réalité prendre mon scooter et me balader dans les petits villages, à travers les rizières, hors des sentiers battus.

 

CI: Quels conseils prodigueriez-vous à des futurs candidats à l’expatriation à Bali ou en Indonésie ?

 

OBC: Il faut d’abord distinguer deux catégories d’expatriées: ceux qui cherchent à créer une société et ceux qui cherchent du travail. Je pense qu’il est très difficile de trouver un job, ici, qui offre de bonnes conditions, notamment salariales. Je déconseille donc aux jeunes de débarquer à Bali et de chercher du boulot avec un cv. J’ai par exemple voulu engager un expatrié récemment. Je ne lui ai pas proposé un salaire mirobolant, car il n’y a pas de véritables raisons qu’il gagne plus qu’un Indonésien. Son salaire était toutefois plus élevé que celui d’un autochtone, car je comprends l’éloignement familial, mais cela s’arrête là. Il m’est d’ailleurs arrivé de rémunérer des Indonésiens plus cher que des étrangers l’auraient été. Sans compter que l’obtention du permis de travail et d’un visa de séjour, pour un expatrié, est long, complexe et onéreux.

 

Par contre je conseille aux entrepreneurs de venir s’installer à Bali, car le marché est encore relativement jeune et offre des perspectives intéressantes. Tout reste à faire, d’une certaine manière. Le secteur du tourisme, par exemple, est en expansion rapide: Bali accueille 15% de touristes supplémentaires chaque année! J’ai une idée par jour, mais ce qui me manque c’est le temps, malheureusement…

 

CI: Faut-il investir beaucoup d’argent à Bali?

 

OBC: Tout dépend du type d’entreprise que l’on veut créer, mais je dirais qu’il faut un minimum de 30.000 dollars américains mais c’est selon le secteur. Pour une activité dans le digital, il faut certes un peu moins, mais le gros du business, à Bali, reste les domaines de la restauration, de l’immobilier et de l’import/export, qui nécessitent un investissement relativement important.

 

CI: Pour terminer, dites-moi pourquoi les Français adorent Bali?

 

OBC: ma théorie personnelle, qui vaut ce qu’elle vaut, est que, à une certaine période, un nombre relativement important de Français s’est installé à Bali, et cette communauté a par la suite attiré ses amis, qui sont également tombés amoureux de l’île. Bref, je pense effectivement que l’effet « boule de neige » a son importance dans ce phénomène. Un bon exemple est celui de l’île de Flores, où un Italien a un jour créé un restaurant, et un autre un club de plongée. À présent on y trouve de nombreux autres Italiens, alors qu’il n’y a, à priori, aucune raison logique pour qu’il y en ai autant…

 

Je pense que le système de communautés « fermées » a provoqué l’afflux d’étrangers à certains endroits. Bali reste certes difficile d’accès aux Européens, car il n’existe, à ma connaissance, pas de vols directs depuis l’Europe, mais cela n’empêche pas les Français de continuer d’affluer, qu’ils soient touristes ou expatriés, d’ailleurs.

 

Un autre exemple: j’espère qu’il y aura bientôt de nombreux Français à Sumba, car j’ai déjà vendu quelques terrains à certains d’entre-eux, qui devraient donc attirer leurs amis, etc. Je ne sais pas si c’est une bonne chose, mais on ne peut lutter contre. L’essentiel est tout de même que ces communautés étrangères restent ouvertes et respectueuses des populations locales.

 

Le Clin d’Oeil Indonésien du 22/01/2016: Dangdut et Politique

Dangdut & Politique: les hommes politiques indonésiens ont souvent recours à des jeunes starlettes de dangdut pour "booster" leurs campagnes électorales!

Dangdut & Politique: les hommes politiques indonésiens ont souvent recours à des jeunes starlettes de dangdut pour « booster » leurs campagnes électorales!

Avis culinaires

Avis culinaires

L’équipe de Chroniques d’Indonésie met ses papilles gustatives à l’épreuve pour vous et vous dévoile bientôt les incontournables et les immangeables des restaurants.
Découvrez prochainement nos avis culinaires sur les saveurs d’Indonésie, notés et commentés par vos habituels passionnés.

Introduction de Chroniques d’Indonésie

logo chroniques indonesie

Toute l’équipe vous souhaite, pour cette introducion de « Chroniques d’Indonésie », la bienvenue dans ce magazine en ligne, créé et imaginé par Azimuth Adventure Travel Ltd pour les passionnés de ce fabuleux archipel des antipodes.

 

Ces « Chroniques d’Indonésie » seront gérées par Farida T., blogueuse spécialiste de ces îles paradisiaques. Amoureuse du pays de ses ancêtres, celle-ci aura effectivement à cœur de s’entourer d’une équipe de rédacteurs et d’illustrateurs tout aussi passionnés afin de raconter une authentique Indonésie, par le prisme des voyages, de la culture, et des faits de société contemporains – voire historiques.

 

Ce magazine en ligne a également pour objectif de devenir le portail francophone de référence en termes d’informations. Nous vous affublerons notamment des meilleurs conseils et astuces pour bien préparer votre voyage en Indonésie. Des rencontres avec des expatriés et des Indonésiens de talent vous seront par ailleurs proposées et des « zooms » sur aussi bien l’Histoire que la société contemporaine vous permettront de mieux comprendre vos hôtes, passés ou futurs.

 

Un forum va en outre permettre aux amoureux des îles de la Sonde de communiquer entre eux, d’échanger des informations, ainsi que de trouver des compagnons de voyage, voire un (ou plusieurs) correspondant(s) indonésien(s).

 

En perpétuelle évolution, ce blog aura enfin pour mission non dissimulée de tester les services de nombreux acteurs du tourisme local, grâce notamment à l’expérience du terrain acquise par Azimuth Adventure Travel Ltd au cours de ces 20 dernières années.

 

Ces « Chroniques d’Indonésie » souhaitent de toute façon se définir comme une sorte de magazine dédié aux anciennes Indes Néerlandaises, avec une actualité touristique mise à jour régulièrement et des articles de fond, qui, nous l’espérons, vous passionneront. Le premier d’entre eux est logiquement consacré aux Javanais de Nouvelle-Calédonie, communauté ethnique dont Farida est issue et nous consacrerons bien évidemment nos pages à des sujets « chauds », tels l’activité du volcan Raung et l’affaire « Serge Atlaoui ».

 

Puissons-nous vous étonner, et, peut-être, vous faire rêver par ses histoires des antipodes. L’Indonésie est en effet une terre d’aventures et une terre (presqu’) inconnue qui n’attend donc rien d’autre que d’être explorée plus avant.

 

Nous vous souhaitons une agréable lecture et une délicieuse découverte de ce site. Nous vous remercions vivement d’en être les premiers lecteurs.

 

Dominique Clarisse
Responsable de la Publication
Directeur d’Azimuth Adventure Travel Ltd

Farida T.
Blogueuse principale